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Sortie : 09/07/2001
DVD
Réalisateur : Leni Riefenstahl
Acteurs : Adolf Hitler, Fritz Reinhardt, Reinhard Heydrich, Heinrich Himmler, Hans Frank (III)
Documentaries & Biographies, Documentaries, Military, World War




Interdit en Allemagne, "Triumpf des Willens" est accessible en France aux passionnés d'histoire et c'est tant mieux. Ce film en noir et blanc, remarquablement bien tourné pour l'époque (Leni Riefenstahl aura mis son talent de belle manière au service de la propagande nationale-socialiste) vaut la peine d'être vu. On comprend mieux, après l'avoir visionné, le phénomène de masse qu'aura su produire Hitler et, dès lors, on comprend mieux comment des millions d'Allemands auront pu le suivre avec aveuglement jusqu'au bout. Jusqu'à ce crépuscule des Dieux de Wagner qu'il adorait écouter. La fascination qu'Hitler exerçait alors sur les masses est stupéfiante dans le film. Un film d'un indéniable intérêt historique donc. Cinématographiquement parlant, c'est discutable, mais tout de même !
Le Triomphe de la volonté (en allemand Triumph des Willens) est un film de propagande allemand en noir et blanc de Leni Riefenstahl, réalisé en 1935.
Je tiens à préciser ici que la présentation de ce film n'est en rien lié à une idolâtrie de ma part pour le Nazisme mais d'un souci d'exercice critique pour ceux qui aimeraient l'histoire et aimeraient mieux la décortiquer avec des outils pluriels, fussent-ils propagandistes.
Le Triomphe de la volonté (en allemand Triumph des Willens) est un film de propagande allemand en noir et blanc de Leni Riefenstahl, réalisé en 1935. Cette jeune femme allemande est auteur, photographe, danseuse et ici réalisatrice d'un des films les plus favorables au régime nazi. Cela lui valu d'ailleurs d'être rejetée par tous les cinéastes de son pays, car elle s'était compromise avec le nazisme et l'avait finalement servi.
On oublie souvent que les dictateurs étaient des cinégéniques exceptionnels et que c'était en conscience qu'ils ont utilisé leurs atours pour s'imposer comme unique voie sanguinaire. Leur aptitude à convaincre des foules entières, à les persuader des pires mensonges ou ignominies sans que ces gens puissent exercer la moindre capacité de résistance ou de critique est impressionnante et frôle même le génie. L'un des plus grands à ce niveau là fut bien Hitler. En 1935, Leni Riefenstahl prend sa caméra et s'exerce aux contre-plongées héroïques, au filmage des reaction-shot des soldats, des femmes et des enfants et aux travellings circulaires lors des parades et des discours pour glorifier Hitler pendant la fameuse grande réunion de Nüremberg. A cette occasion, devaient se mettre en place les fondements du nazisme et notamment l'élimination déjà quasi programmée des Juifs qui découvraient à ce moment là les premières mesures discriminatoires dont ils ne cesseraient d'éprouver ensuite la honte et l'horreur.
Il faut voir ce film au moins une fois, au même titre que les documentaires De Nüremberg à Nüremberg pour comprendre comment Hitler a utilisé son aura malgré ses nombreux complexes et ses limites pour persuader le peuple allemand que sa survie et la victoire face aux ennemis de l'intérieur et de l'extérieur ne serait possible que par la destruction des "vermines" et notamment des Juifs. On découvre comment il déroule son discours, laborieux et pourtant efficace à coup de martèlements insupportables, comment les images, les gestes sont calculés pour agir comme élément de persuasion. On se passe presque des mots des discours et on est endormi, dans une espèce de léthargie, jusqu'à ce qu'Hitler parvienne à sa conclusion et ait réussi à agir sur les esprits pour qu'ils n'aient pas la moindre envie de penser autre chose que tout ce qu'on leur assené.
Ce film est élémentaire pour appréhender la stratégie d'Hitler et du Nazisme. Probablement l'une des plus rodées du XXème siècle, bien plus encore que celle de Staline, trop paranoïaque pour avoir ce pouvoir de persuasion sur les foules ou d'Idi Amin Dada le dictateur ougandais, par exemple.
Le film a été primé à Venise en 36 et projeté en 37 à Paris lors de l'exposition universelle.
Trente ans après, la réalisatrice a déclaré : « J'ai seulement montré ce dont tout le monde, alors, était témoin... À l'époque, on croyait encore à quelque chose de beau. Le pire était à venir, mais qui le savait ? »