
Universal - Universal
Paul Anka
Sortie : 07/07/2008
CD audio
Adult Contemporary, Vocal Pop, Vocal Jazz, Jazz
1. It'S My Life
2. True
3. Eye Of The Tiger
4. Everybody Hurts
5. Wonderwall
6. Black Hole Sun
7. It'S A Sin
8. Jump
9. Smells Like Teen Spirit
10. Hello
11. Eyes Without A Face
12. The Lovecats
13. The Way You Make Me Feel
14. Tears In Heaven




N'en déplaise aux ayatollahs (type ceux qui sentent les enfants du rock insultés, quelle affaire ! ), ce disque est une réussite majeure, car il est une pièce de plus abattant les stupides frontières édifiées par les puristes. Car qu'est le rock sinon une enfant du jazz, et de la chanson populaire américaine ? Rien d'autre, et Paul Anka nous le prouve au travers de ce disque haut en couleurs. Que cela soit parfois sirupeux? Bien sûr, c'est le propre des crooners accompagnés par des big bands, mais il n'en reste pas moins que transformer ces chansons rocks en balades n'en reste pas moins une gageure, mais parfaitement réussie, et il en reste même que des tubes rocks parfaitement médiocres comme "eyes of the tiger" s'en trouvent rehaussés. Quand au reste, ce n'est bien sûr pas un monument du jazz, mais un disque parfaitement réussi et plaisant. Le Grand Orchestre quand à lui fait un vrai travail d'accompagnement très réussi, swinguant quand il le faut et faisant couler la guimauve quand c'est nécessaire. La voix magnifique de Paul Anka, et le réel bonheur qu'il trouve à chanter ces standards du rock font le reste. Je recommande pour ceux qui aiment la musique et non les chapelles...
En matière de jazz, ce n'est pas ce que l'on chante (ou joue) qui est important mais la manière dont on l'interprète. Anka étant un crooner qui sait s'exprimer avec swing, qu'il chante des standards ou, comme ici, des thèmes de rock, importe peu.. Cet album est du jazz d'excellent niveau.
Pour ceux qui ont la cinquantaine bien entamée, Paul Anka c'était ce beau jeune homme élégant qui chantait d'une voix innocente "Diana" (1957) "You Are My Destiny", ou "Put Your Head On My Shoulder" ; bref des ballades gentillettes pour les ados de l'époque.
Balayé par la Beatlemania en 1963, il ne refait surface que sporadiquement en 1969 et au milieu des années 70.
Enfin, après avoir traduit "Comme d'habitude" en "My Way" pour Sinatra il a choisi la voie du crooner.
Bien qu'il soit un compositeur de talent, Paul Anka a délibérément choisi de reprendre des standards des années 80 comme "Eye of the Tiger", "Eyes Without a Face", "Hello", "Everybody Hurts", "Lovecats" et, last but not least l'inévitable "Smells Like Teen Spirits" de Nirvana... à la sauce "Paul Crooner & his Big Band" ! Qui l'eût cru ?
Ces reprises sont un véritable camouflet aux enfants du Rock, ceux qui ont aimé REM, Nirvana, Cure, les différentes versions de Rocky avec Survivor etc. Paul Anka a réussi un remarquable travail de nivellement par le bas en mettant les compositions des groupes ci-dessus au niveau des Pep Shop Boys ! Fallait le faire !!!
Enlever "Eye of the Tiger" et "Smells Like Teen Spirits" hors de leur environnement musical original est un véritable non-sens. Les paroles ne veulent plus rien dire dans les reprises de Paul Anka.
Les reprises de "True", "Hello" et "Everybody Hurts" auraient très bien pu fonctionner mais ce qu'en a fait Paul Anka donne plutôt envie de vomir.
Déjà en 2002 l'ex Boys-Band de Take That, Robbie Williams s'était illustré avec "Swing When You're Winning" dans le genre ; mais c'était même étonnamment convaincant.
"Rock Swings", n'est qu'une honteuse opération commerciale à grands coups d'affiches dans le métro et de tapage médiatique pour ratisser un public plus large. Mais le résultat est indigeste avec la voix traînante du crooner qui croule sous les orchestrations sirupeuses, pompeuses et boursouflées. Ça n'est que du big band swing à 3 sous.
Pour le vrai, faites plutôt un tour chez Ellington ou "Atomic" Basie...
Quand on voit que Verve, label jazz qui pouvait presque toujours s'acheter les yeux fermés comme Blue Note, nous sort un tel déchet, c'est à croire qu'on ne peut même plus faire confiance à ce type de référence.
Quant aux bonnes reprises de Rock faites un tour chez Cassandra Wilson qui a repris d'une manière magistrale "Love is Blindness" de U2 et Holly Cole qui a repris "I want You" de Tom Waits d'une manière très poignante. Ici on parle musique et non pas pub TV sur des vieux chevaux de retour qui n'ont plus rien à dire, sinon de vouloir faire grossir leur compte en banque.
Enfin ne désespérez pas ! Cet album peut être l'occase rêvée de l'offrir à votre mère (ou votre belle-mère) à qui vous avez fait subir des "auditions forcées" de Nirvana pendant votre adolescence... Ainsi le grunge deviendrait-il « écoutable » pour elle !!!