
Virgin Classics - Virgin Classics
Emmanuelle Haim
Sortie : 29/10/2007
CD audio
Opera, Vocal
1. Siface : Tu Che D'Ardir M'Accendi
2. I Fratelli Riconosciuti : Ciel Nemico
3. Arianna In Creta : Qui Ti Sfido
4. Ariodante : Scherza, Infida
5. Alcina : Sta Nell'Ircana
6. Alcina : Mi Lusinga
7. Farnace : Se Me Dai Morte
8. La Clemenza Di Tito : Se Mai Senti
9. Vo Disperato
10. Demofoonte : Sperai Vicino Il Lido
11. Orfeo : Mio Bel Nume
12. In Mirar La Mia Sventura




Jaroussky et Haïm nous propose ici une visite du répertoire de Carestini, castrat vedette du 18e siècle. Dans la suite des autres enregistrements que Philippe nous a proposés, c'est un choix interessant à plus d'un titre. D'abord, il ne choisit pas la facilité, nous dirigeant cette fois vers des oeuvres plus difficiles d'accès, surtout après Vivaldi. D'autre part, il s'expose à des commentaires faciles et grincheux de spécialistes fiers et donc jamais contents: il ne peut pas rivaliser avec un castrat. Ce qui, bien entendu, est un commentaire impossible à faire avec honnêteté, puisqu'on n'a jamais entendu Carestini, et que le dernier castrat du début du siècle a laissé un enregistrement plus que médiocre. Ce genre de jugement est purement théorique, et il apparaît avec ce disque que la musique n'est pas de la théorie, mais une expérience vécue à chaque fois de manière unique, et bien vécue par Jaroussky.
Jaroussky a une voix de très haute qualité, et un contrôle du souffle parfaitement maîtrisé à ce stade de sa carrière en particulier. A ce niveau, il ne vaut plus du tout de le comparer à qui que ce soit, tant il nous donne un rendu touchant, plein, délicieux de ce répertoire.
Il m'apparaît que ce travail est néanmoins légèrement inférieur aux précédents (à mon goût particulièrement "Beata Vergine", un diamant) à cause de sa sagesse. J'ai entendu dire que Haïm était fougueuse, donnait de l'énergie à ses interprétations. Ici, je ne sens pas trop cela, mais je ne peux pas dire que ce soit une faiblesse non plus.
Excellent CD.
On peut être "chagrin" en écoutant la voix de Philippe Jaroussky, lui reprocher de sacrifier à la "mode" ( album "concept", etc. ). Mais, on ne peut certes pas lui reprocher d'être un faux "castrat" ( il faudrait attendre un accident de cheval pour en avoir un vrai!... )
On peut au contraire - comme moi - mesurer le chemin parcouru depuis les premiers "contre-ténors" ou "haute-contres" : Alfred Deller, etc. ).
Nous nous sommes habitués au registre de tête ( voix de "fausset" ) et il faut dire que dans cet emploi Jaroussky fait merveille!
On remarquera aussi la pertinence du choix des arias ( répertoire rare ).
N'en déplaise à certains, ce disque est une grande réussite...
Voilà un disque fort intéressant, d'un contre-ténor (et pas du tout un haute-contre, pas la même chose!) tout à fait efficace dans ce répertoire rare. Rare, pas Haendel, pourtant bien interprété, même si la concurrence est rude, mais rare Capelli, Porpora, Graun et Hasse, là il est probablement le premier à défendre le style napolitain avec autant de brio loin des Manzotti et autre Christofellis aigres et secs. On aurait aimé que, comme prévu à l'origine, des airs de Vinci viennent agrémenter le programme, la notice rappelant avec justesse que Carestini dut l'un de ses interprètes préférés. Evidemment, Jaroussky n'a pas la voix d'un castrat, ce n'est pas ce qu'on lui demande, c'est plutôt de faire revivre leur répertoire avec élégance (Hasse, Gluck) et émotion (Capelli, Graun)...puisse-t-il continuer !