
Universal - Universal
Sortie : 01/10/2007
DVD
Acteurs : Jean Gabin
Vidéo Divers




Je réagis à la critique de Just Wondering, qui n'a visiblement pas aimé ce film. "Le jour se lève" appartient à un genre crée en France avant guerre : le réalisme poétique, dont Carné aidé de Prévert sont les meilleurs représentants. Ces films tiraient leurs histoires et leurs personnages de la réalité. Le monde ouvrier, l'étude sociale, la critique politique, la crainte d'un conflit mondial à venir. Mais le traitement est dit "poétique", et donc tranfiguré (comme dans les "Visiteurs du soir" qui leur permattaient de contourner la censure nazie). Contrairement à des Duvivier, des Renoir, des Clouzot, Carné et son décorateur Alexandre Trauner, réinventaient un monde, au plutôt une vision du monde.
C'est dans cette optique qu'il faut revoir ces films, qui ont parfois vieilli, c'est vrai, contrairement aux "Enfants du Paradis", qui lui, n'a pas pris une ride.
Les situations et les personnages ne sont pas plus réels que les gangsters dans les films d'Audiard, où dans le Paname reconstititué par Becker dans "Touchez pas au grisbi". Nous sommes dans l'imagerie. Que gabin n'y soit pas très à son aise, pourquoi pas, mais sa prestation est tout de même époustouflante, notamment dans sa grande scène finale : "Quoi François, quel François ? Y'a plus d'François !". C'est une scène que De Niro nous refait dans chaque Scocese ! Jules Berry surjoue comme ce n'est pas permis, et c'est ce qui fait toute la force de son personnage, maléfique à souhait. Arletty est Arletty. Comme toujours.
La construction dramatique du film est très originale (pour l'époque), les dialogues toujours impeccables, les petits détails du quotidiens sont là pour rappeler cette réalité que la mise en scène enrobe de poésie. Ce n'est pas le plus grand film de Carné, c'est vrai, mais c'est un film qui fait date, c'est un manifeste, qui lance un genre, et qui fera école, y compris au Etats Unis avec le "Film Noir" fleuron hollywoodien plus poétique que réaliste, sorte d'interface entre ce réalisme français, et l'espressionisme allemand.
Jean Gabin tiens dans ce film l'un des plus grands rôle de sa carrière. A ne surtout pas manquer le monologue final de l'acteur qui nous montre l'étendu de son talent. Un film à voir et à garder dans sa collection.