
Casterman Editions - Casterman Editions
Sortie : 04/05/1993
Relié
Auteur : Hergé
Aventure - Bandes dessinées, Bandes dessinées, Tintin (Personnage fictif) - Bandes dessinées




Cet album présente une avalanche de situations improbables : une trappe s'ouvre dans le trottoir de Chicago, un train s'arrête devant Tintin ligoté aux rails... Cependant, c'est avec un grand plaisir qu'on suit Tintin au pays de l'oncle Sam. Les clichés sont présents mais réjouissent aussi le lecteur, comme les Peaux-Rouges déterrant la hache de guerre, les cow-boy voulant pendre Tintin, la ruée vers le pétrole... Le personnage du détective Mic Mac Adam est très comique et préfigure les Dupont.
Dans l'ensemble, on est donc assez content de voir Tintin sous les traits d'un cow-boy chasseur de gangster.
Tintin nous fait découvrir une Amérique en plein essor. L'esprit d'entreprise rayonne à toutes les pages avec des beautés, ses misères, ses caricatures. Le capitalisme d'entrepreneur cher à Keynes est à l'honneur dans cet ouvrage, en opposition à celui des gangsters (Al Capone et sa bande) et à celui des pétroliers (pas de pitié pour les indiens dès lors qu'un puits a été découvert. Il sera exploité par des compagnies industrielles sans état d'âme).
Les histoires, dans l'histoire de l'album, s'enchaînent avec plaisir. L'humour est toujours présent (je pense à l'artiste qui se jouait des altères en bois, mais aussi au mouvement de grève surprise qui sauva la vie de Tintin dans l'usine de corned-beef). Tintin est au pays du reportage journalistique. Il va en découvrir les abus, toujours actuels (le scoop, la nouvelle non vérifiée au service du devoir du scoop).
Lisez cet album sans a priori. Laissez vous saisir comme l'enfant que vous fûtes à sa première lecture.
Je l'avoue d'emblée : je n'apprécie pas beaucoup cet album. "Tintin en Amérique" souffre des mêmes faiblesses que ses deux prédécesseurs : absence de fil conducteur, naïveté excessive, manque d'humour. Mais si "Tintin au pays des Soviets" charme toujours par sa fraîcheur et "Tintin au Congo" par son ambiance fantaisiste et surannée, "Tintin en Amérique" se réduit à une suite de sketches sans grand relief et presque totalement dénués d'humour. Seuls deux points attirent l'attention : la plaidoirie d'Hergé en faveur des Amérindiens (on se souvient de la scène symbolique où les Pieds-Noirs sont chassés manu militari de leur territoire après qu'on y a trouvé du pétrole) et la parodie de l'industrialisation à l'américaine (la machine à fabriquer du corned-beef, horrible et grotesque). Mais c'est peu, bien peu, comparé à la suite...