There Will Be Blood [Blu-ray]

Buena Vista Home Entertainment - Buena Vista Home Entertainment

Sortie : 03/09/2008
Blu-ray
Réalisateur : Paul Thomas Anderson
Acteurs : Dillon Freasier, Daniel Day-Lewis, Paul Dano

Divers, Drame


There Will Be Blood [Blu-ray]
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There Will Be Blood [Blu-ray]

 

Pantoise d'admiration ! Tout est bien, les acteurs, le scénario, la MUSIQUE, l'intelligence du réalisateur. Ah le cinéma...

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There Will Be Blood [Blu-ray]

 

Bon, comme d'habitude, quand un film a été encensé par la critique, que tout le monde est d'accord et pas moi, je me retrouve avec un score nul dans l'utilité de mon commentaire par rapport au nombre de votant et ça fait baisser ma moyenne.

ET BIEN JE PERSISTE, et on est deux puisque ma femme a vu ce film avec moi et que tout imbibé que nous étions des critiques et des oscars on s'est planté devant l'écran et puis au final et bien mouais...on s'est planté, désolé, "les sorcières de Salem" est un chef d'œuvre et DAY Lewis un génie, mais là franchement...

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Dès le titre, l'âpreté et le destin des personnages est scellé. Le film sera dur et violent : promesse tenue. C'est du sang noir de la terre dont il s'agit : le pétrole. Si la terre saigne, elle demande un sacrifice en retour : le sang de l'homme doit être versé.

Si vous n'avez pas vu le film ne lisez pas ce qui suit !

L'émergence du pétrole et le mythe du self-made man sert de toile de fond à la confrontation de deux manipulateurs qui se reconnaissent comme tel. D'un coté, le pétrolier Daniel Plainview qui utilise son enfant adoptif pour acheter des terres et des gisements ; de l'autre, Eli le pasteur prédicateur grand guignol qui rallie les consciences par ses prêches enflammés. Tous deux ont soif d'argent et de pouvoir.
Les hommes sont des outils pour le pétrolier y compris sa propre famille. Son ascension sociale est inversement proportionnelle à ses relations aux autres. L'ouvrier qui meurt au fond du puits de pétrole lui lègue un enfant. Quelques années plus tard, cet enfant amadoue les fermiers dont il souhaite acheter les terres. Suite à son accident, le pétrolier l'éloigne. L'enfant le gêne et ne peut lui être d'aucune utilité dans la gestion de ses affaires. Surgit alors un second membre de sa famille (ou déclaré comme tel), le frère, venu de nulle part. Ce dernier l'épaule dans son projet de pipeline. Mais sitôt le contrat signé, l'usurpateur est démasqué et éliminé sans sentiments aucun.
La scène de la baignade est magnifique dans sa manière de célébrer l'accomplissement de ce projet insensé et de décrire l'immense solitude du pétrolier. Les deux sentiments l'envahissent et le submerge à l'image des vagues.
Le prêcheur est l'instigateur de l'extension du champ pétrolifère de Plainview. Lors de l'achat de la ferme, malgré le prix demandé par Eli, Plainview le paie une bouchée de pain, loin de la valeur véritable du gisement. Pour sa seconde entrée en piste, il pense tenir les rennes. Le pétrolier le manipule une seconde fois. Pour l'inauguration du derrick et la mise en exploitation, Plainview sabote les plans du prêcheur débutant qui lui aurait permis d'asseoir son importance naissante dans la communauté des fermiers. Le rappel de la promesse de don du pétrolier à son église lui fait mordre violemment la poussière. Le baptême du pétrolier est l'occasion de lui rendre ses coups. Mais Plainview obtient ainsi l'accord de passage du pipeline sur les seules terres qu'il ne possède pas. Jamais Eli, le soit disant « homme de Dieu » ne parvient à manœuvrer le pétrolier. Il conserve toujours une carte d'avance.
Plainview est un solitaire dévoré par l'ambition. Il ne peut s'encombrer des autres fussent-ils sa famille. Dans sa vaste demeure vide, symbole des sommets financiers qu'il désirait plus que tout, sa monstruosité apparaît pleine et entière, sans masque. Il renie son fils adoptif. Le fils rejeté quitte sans amour ce père froid et calculateur au soir de son existence. L'irruption du prêcheur, dans une ultime tentative maladroite et désespérée d'utiliser Plainview à son profit (financier), est son chant du cygne. Après tant d'années, la terre demande réparation pour le fluide poisseux extrait de ses entrailles : c'est le sang de l'homme qui étanche sa soif. La démesure de la maison du pétrolier devient étriquée face à l'ignominie du personnage.

Pour incarner Plainview, un acteur capable de tout était nécessaire : une présence physique massive évidente dans la scène d'ouverture, une capacité à l'exagération sans tomber dans le grand guignol et une posture glaçante et malsaine distillée de façon graduelle au long du film. Daniel Day Lewis possède tout cela. C'est un monstre d'interprétation. Aucun autre acteur ne semble pouvoir embrasser un tel rôle. Il ne joue pas, il est. Son Oscar est une évidence pour saluer sa prestation. Saluons aussi l'interprétation de Paul Dano dans le rôle d'Eli qui tient tête sans peine à l'acteur anglais.
La mise en scène de P. T. Anderson est moins ostensible que celle de ses réalisations précédentes (BOOGIE NIGHT, MAGNOLIA). Cette sobriété formelle magnifie la photographie et rend la part belle à ses acteurs. Les scènes nocturnes sont exceptionnelles dans leur composition. L'utilisation de la lumière témoigne d'une grande maîtrise. La scène aquatique 'point charnière déjà évoqué- est leur exact contraire. La lumière y est éclatante, les couleurs sont brûlées, sans pareil dans le reste du film. Cela donne toute sa force et son originalité.
L'utilisation de la musique d'Arvo Pärt, compositeur estonien, et des Fratres (dans leur version de 1992 pour violon) en particulier véhicule ce petit supplément génial à la mise en image. Cette musique lyrique et étrange à la fois apporte une profondeur adéquate au film (scène de l'accident du garçon). Elle sera habilement mariée au concerto pour violon de Brahms utilisé lors du générique final.
Du cinéma américain dans sa toute sa complexité et sa magnificence : un chef d'œuvre.
Oscar 2008 du meilleur acteur.

Espérons une édition Blu-ray à la hauteur du film !

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