
Le Montespan Nauséabond et de mauvais goût. De toute ma vie, c'est le premier livre dont j'abondonne la lecture, de dégoût. C'est une insulte à la langue et la littérature Françaises que de classer comme "oeuvre littéraire" cette vulgarisation "vulgaire". Je ne sais si Mr. Teulé cherchait à relater les malheurs et le courage du Marquis de Montespan ou à étaler sa mauvaise culture personnelle, mais ce "livre" est à éviter, ABSOLUMENT, sous peine de perdre l'envie de lire en Français.
A priori, le livre de Jean Teulé fait passer un bon moment (pas trop intellectuel, quelques cocasseries, une plume alerte...). Le langage parfois cru pourrait même le faire passer pour un vrai roman de hall de gare destiné à maintenir l'oeil ouvert du voyageur coincé dans la foule du métro ou des grandes migrations estivales.
Cependant, le livre doit être pris comme un tout : l'histoire en elle-même, l'énormité de certains passages, le burlesque des illustrations. Même la présentation par l'auteur des ouvrages plus sérieux dont il s'est inspiré est un bijou.
La dernière page achevée, une interprétation au second, voire au troisième degré s'ébauche. S'esquisse alors une critique féroce du pouvoir, du despotisme, de l'ambition, de l'effet de mode. La Cour de Louis XIV ressemble étrangement à celle de la République du XXIème siècle. Quelles que soient les époques, il restera toujours des êtres au coeur pur et plein d'inconscience refusant de se couler dans le moule de la pensée et de l'opinion « unique ».
Cette farce devient aussi symbolique qu'une pièce de Molière en son temps (même si la plume de Jean Teulé ne l'épargne point).
Au départ, une bonne idée : écrire sur le plus célèbre cocu de l'Histoire de France, le mari de Mme de Montespan. Pourquoi pas, également, faire dans le genre biographie romancée, sur le ton de l'humour.
Mais à l'arrivée, quelle déception ! Faire de la vulgarisation, pour Jean Teulé, ça veut dire faire dans le vulgaire, en n'écrivant rien d'autre qu'une grosse farce, en style souvent familier, ce qui sonne franchement faux quand évoque l'aristocratie du XVIIème siècle. On se croit plus souvent dans une cour de récré qu'à la cour du roi. Tout est lourdingue, même dans la façon qu'à Jean Teulé de montrer qu'il s'est constitué des fiches documentaires avant d'écrire son livre. Les scènes d'amour sont dignes des blagues de potache , et l'insistance de l'auteur à faire régulièrement dans le scato - profitant de ce que l'on avait pas à l'époque la même conception de l'hygiène qu'aujourd'hui - est assez consternante. Bref, du popu pour parler de cocu. Et dans toute farce, il y a un dindon. Ici, c'est le lecteur.