
Gallimard - Gallimard
Sortie : 15/11/1996
Broché
Auteur : Orhan Pamuk
Littérature turque, Romans - 20e siècle, Romans contemporains




Deux être que beaucoup de choses opposent (pays, religion, mode de vie, famille, passé, statut : maître, esclave) mais proche par leur ressemblance physique et leur goût pour la science et la réflexion vont lier leurs destins jusqu'à confondre leurs deux identités.
C'est très intéressant sur l'idée et l'on se rend compte en effet que l'intelligence aime dépasser le donné et est curieuse de l'autre.
On peut aussi y voir un éloge discret à la culture occidentale.
TRès romanesque au début, l'auteur s'attache ensuite plus à la relation de ce Turc et de cet Italien. C'est tout de même un peu long.
Le château blanc d'Orhan Pamuk n'échappe pas à la règle de son oeuvre : dès que vous tournez la dernière page du livre, vous vous dites que vous aurez à le rouvrir un jour.Non parce que l'histoire est si passionnante que vous brûlez de vous y replonger, mais parce qu'au terme de votre lecture, il demeure un mystère, une énigme à déchiffrer.
Mais quel est ce mystère ? Là est le problème... Est-ce un élément de l'intrigue qui vous a échappé ? Est-ce le sens de l'oeuvre qui reste flou ? Est-ce votre propre mystère qui résonne soudain en vous puisque, comme le dit le narrateur, c'est à votre propre histoire que ce récit vous renvoie peut-être ? A votre désir d'être autre ? A la frontière entre rêve et réalité ? Ou ne serait-ce pas, plus insondable encore, le mystère de l'écriture ? Celui qui métamorphose ce(ux) qui nous entour(ent), celui qui nous fait, comme le héros du Château blanc, devenir autre ?
Orhan Pamuk reprend ici ce qui fait le charme et l'envoûtement du Livre noir, ce qui fera celui de Mon nom est Rouge, l'entrelacement des consciences, les échos qui se dessinent entre elles, à l'intérieur de nous. Derrière le dépaysement où nous entraîne cette histoire turque, il y a cette idée, chère au Sultan, qu'au fond les hommes sont tous semblables... Intrigant.