
Dgm - Dgm
King Crimson
Sortie : 19/11/2004
CD audio
Prog-Rock/Art Rock, Album Rock, Rock
1. Red
2. Fallen Angel
3. One More Red Nightmare
4. Providence
5. Starless




Extraordinaire
Après un disque déjà génial, Starless and Bible Black, mais difficile, King Crimson réalise un chef d'oeuvre aussi évident que moderne, qui n'a évidemment pas vieilli tant son génie est intemporel.
A chaque écoute, j'ai l'impression de trouver une synthèse parfaite entre le rock et la musique classique, pas celle de Bach qui a inspiré Deep Purple et nombre de métalleux, mais celle de Bartok, comme son fabuleux 5ème quatuor. La comparaison peut surprendre, mais c'est le meilleur compliment que je puisse faire à "Red".
Après ce disque, Robert Fripp a dissolu son groupe, car il ne pouvait sans doute pas faire mieux. King Crimson a été recréé longtemps après pour poursuivre d'autres voies.
le verso de la pochette résume à lui tout seul l intensité de cet album : un compteur dont l'aiguille est dans la zone rouge , aux limites de la rupture. la rupture aura lieu ,quelques temps plus tard , mais ceci est une autre histoire.
reste l'album : une coulée de lave incandescente , un cataclysme electrique dont on ne ressort pas indemne .le trio FRIPP, BRUFORD, WETTON cloture sa collaboration par une marque au fer rouge ,une explosion atomique qui irradie toute la planéte "prog", ne laissant que des cendres derriére elle. Certes, le roi pourpre ,tel le phoenix ,tentera de renaitre bien des années plus tard , en pure perte , on ne se remet pas d un tel traitement. "red" trois lettres, un trio ,une trilogie ( avec lark's tongue in aspic " et "starless and bible black" ) eternel chiffre trois . au nom du pére , du FRIPP et de l'esprit du prog Amen !
La formation Fripp/wetton/Cross/Bruford représente à mon avis la meilleure de l'histoire de King Crimson. La trilogie ainsi produite avec l'ensemble "Lark's tongue in aspic"/"Starless and bible black"/"Red" marque définitivement l'histoire musicale.
"Red" est donc le chant du cygne du quartet. King Crimson part, mais quel départ. Le dernier titre, "Starless", est comme un résumé de l'aventure passée. Le retour des cuivres nous rappelle les premiers albums et la construction même de la composition a comme des allures de chant d'adieu. Après son entrée symphonique et hyper mélodique (Wetton excelle au chant), se produit quelque chose de proprement inimaginable : Fripp réussit à créer un climat de tension quasi insupportable en jouant sur une seule note! Puis le final explose et revient à l'appaisement. L'album contient également le riff le plus dévastateur de Crimson dans le titre éponyme qui ouvre le CD : "Red", de la lave en fusion, une éruption volcanique. On ressort de l'écoute de ce disque comme épuisé, vidé.
C'est un chef d'oeuvre.