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Sortie : 15/04/2004
DVD
Réalisateur : Stanley Kubrick
Acteurs : Malcolm McDowell, Patrick Magee, Michael Bates, Warren Clarke, Adrienne Corri
Cambriolage, Comédie anglaise, Humour-noir, Manipulation, Méchant, Psychologique, Satire, Sexe, Violence




2OO1 se terminait sur l'oeil d'un foetus. ORANGE MECANIQUE s'ouvre sur l'oeil d'Alex. Kubrick détruisait le monde dans FOLAMOUR, s'en échappait dans 2OO1, il y revient dans ORANGE, pour clore sa trilogie futuriste. Ce film à la sulfureuse réputation, garde toute sa force 40 ans après sa réalisation. Il interroge autant qu'il dérange. Et paradoxalement, bien que le film ait vieilli, son propos, lui, reste d'actualité.
ORANGE MECANIQUE a vieilli, au sens où il était sensé être un film d'anticipation en 1971, situé dans un futur proche, aujourd'hui dépassé. Pour le spectateur de 2008, ce film ne s'apparente plus à un film futuriste. Les décors et les costumes se rapportent aux années 60, au psychédélisme, et cela fait sourire. Même symptôme pour 2OO1 L'ODYSSEE DE L'ESPACE, dont les décors évoquent aujourd'hui davantage les sixties, que le troisième millénaire. Et pourtant, le film de Kubrick garde tout son mordant, pour deux raisons à mon avis : le sujet même du film, et la mise en scène.
Quel est le sujet du film ? Stanley Kubrick répondait ainsi : « les tentatives pour limiter le choix de l'homme entre le bien et le mal ». Autrement dit, ce film nous parle de conditionnement, de formatage de la conscience humaine. Afin que chaque homme soit identique, soumis, et contrôlable. Nous avons donc un jeune homme, Alex, un homme à l'état « naturel », donc violent, qui sera pris comme cobaye par l'Etat, pour être conditionné. Le but est de le rendre allergique à toutes pensées perverses. L'Etat veut ainsi éradiquer le Mal dans la société. Sauf que pour arriver à ses fins, le gouvernement utilise la violence, récupère des individus dangereux, comme les deux copains d'Alex, devenus policiers. Et là où l'histoire est très forte, perverse et inconfortable pour le spectateur, c'est que Alex, l'incarnation du Mal Absolu, devient une victime. On s'identifie à lui, il nous apparaît désormais comme sympathique.
La seconde raison qui rend ORANGE MECANIQUE encore efficace aujourd'hui, c'est le style Kubrick. C'est un film truculent, cynique, satirique, qui fait rire très souvent. Toutes les institutions en prennent un coup. Les politiciens, bien sûr, mais aussi les parents, la religion, les intellectuels, les scientifiques. Tous sont mis dos à dos, et tournés en ridicule. La maman d'Alex et ses perruques mauves, le gardien de prison à la libido contrariée, l'aumônier de la prison (qui sur la fin est finalement un des seuls personnages à prendre conscience du danger de la « thérapie »). On retrouve la rigueur des cadrages, les travellings arrières chers à l'auteur, l'ingéniosité des décors, et le talent incomparable de Kubrick à utiliser la musique classique, et la chorégraphie. Le viol dans le théâtre, sur un air de Rossini, le ballet des Christ vus comme des poules de french cancan, la bagarre entre droogs le long du canal...
ORANGE MECANIQUE est célèbre pour sa violence. Les scènes d'agressions chez l'écrivain, ou la femme aux chats, sont effectivement d'une violence insoutenable, d'autant plus que Kubrick tournent les victimes en ridicule, à force de grimaces, de faciès déformés par l'objectif grand angle. Fallait-il monter tout cela ? Oui, car, comment comprendre le traitement infligé à Alex, sans montrer de quoi on veut le guérir ? On doit aussi parler de la rigueur de la construction. Kubrick affectionne les constructions géométriques, les scènes qui se répondent : Alex et le clochard, avec ses droogs, chez l'écrivain. Après son passage en prison, on retrouvera Alex victime des clochards, puis de ses ex-droogs, puis séquestré par l'écrivain. Le cercle est bouclé. Cercle vicieux.
ORANGE MECANIQUE, sans doute le film le plus célèbre de son auteur, n'en finit pas de fasciner. Même si certains aspects ont vieilli, le ridicule de ses personnages renforce davantage le propos. C'est un film d'une intelligence diabolique. Kubrick y déploie tout son art de la mise en scène, et nombres de séquences sont passées à la postérité. Malcom McDowell, y est époustouflant de naturel, et d'insolence.
film culte par excellence du maître Stenley Kubrick.
Nous sommes plongé dans l'univers de violence maladive dont les agressions et viol se suivent sur un rythme de Ludwig Van, et ensuite de rééducation qui causera la folie et la mort d'Alex, par overdose de 9ème symphonie (4ème mouvement), de Ludwig Van Beethoven.
C'est un plaisir de contempler les costumes, la déco sixties (film tourné en 1971), dont celle totalement délirante du bar où aime se retrouver la bande d'Alex. Par exemple, les tables représentant une femme nue dont les jambes et les bras servent de pieds de table...
Pour décrire en quelques mots "Orange Mécanique", sachez que c'était au début un best-seller d'Anthony Burgess, Kubrick l'ayant porté au cinéma. Bref, passons au film. Musique de présentation : un morceau de Beethoven façon psychédélique. Envoutant et limite inquiétant. Puis, le film enchaîne les excès de violence du jeune Alex (Malcolm MacDowell, stupéfiant !) et de ses trois "droogies". Mais après viennent les ignobles séances de torture que subit Alex. Je vais m'arrêter là, puisque sinon je dévoilerais le film sans que vous le vouliez. Bref, Kubrick signe ici un film poignant, relatant mine de rien les choses de la vie. Ah et autre chose : ce n'est pas pour rien si ce film a été interdit aux moins de 16. Vous êtes prévenus...