
Harvest - Harvest
Syd Barrett
Sortie : 12/05/1994
CD audio
Psychedelic, England, Psychedelic Pop, British Psychedelia, Variété / Pop International
1. Terrapin
2. No Good Trying
3. Love You
4. No Man'S Land
5. Dark Globe
6. Here I Go
7. Octopus
8. Golden Hair
9. Long Gone
10. She Took A Long Cold Look
11. Feel
12. If It'S In You
13. Late Night
14. Octopus Take 1 & 2 (Bonus Tracks)
15. It'S No Good Trying Take 5 (Bonus Tracks)
16. Love You Take 1 (Bonus Tracks)
17. Love You Take 3 (Bonus Tracks)
18. She Took A Long Cold Look At Me (Bonus Tracks)
19. Golden Hair Take 5 (Bonus Tracks)




Ainsi, si l'on en croit les commentaires précédents, Syd Barrett aurait « quitté » le Floyd, serait « parti volontairement » du groupe ? Curieux révisionnisme. Dès 1968, Barrett « oublie » régulièrement d'aller aux concerts de son groupe, et quand il y est, reste le plus souvent scotché sur scène, incapable de sortir la moindre note de sa guitare. A tel point que le Floyd « embauche » un de ses amis, David Gilmour, pour le remplacer. Syd Barrett, électrocuté au LSD, va dès lors alterner phases végétatives et séjours en hôpital psychiatrique.
Alors, après avoir laissé tourner les magnétos pendant plusieurs mois en studio, sort en 1970 « The Madcap Laughs », collage de bric et de broc de « morceaux » enregistrés par Barrett. A l'origine uniquement guitare acoustique et voix, les musiciens de Soft Machine ou les futurs frères ennemis Waters - Gilmour, ajoutent à grand peine des orchestrations minimalistes sur ces titres.
Le résultat ? Stupéfiant, est-il facile de dire. On retrouve à l'état brut tout ce qui faisait la qualité du 1er disque de Pink Floyd, l'indispensable « The Piper at the Gates of Dawn », disque crucial d'une époque qui a produit beaucoup de chefs-d'oeuvre. « Terrapin », « Octopus », « Love You », « Late Night » sont des folks hallucinés, comme peu de gens en ont produit.
A mi-chemin entre le purisme ascétique d'un Bert Jansch et le sens du dénuement d'un Nick Drake, elles laissent entrevoir ce qu'aurait pu être le « vrai » second album du Floyd conçu par Barrett.
Rarement (plus jamais ?) un auditeur ne se retrouvera ainsi en prise directe avec l'esprit torturé et malade d'un auteur de chansons.
Un disque bizarre, minimaliste, d'une beauté étrange qui laisse comme l'impression malsaine d'une séance de voyeurisme sur un cerveau tourmenté.
Dernière question : Syd Barrett a-t-il eu réellement conscience un jour d'enregistrer ou d'avoir enregistré ce disque ?
Quand en janvier 1968, Syd Barrett quitte le Floyd, tous les espoirs lui sont permis. Il a écrit la majorité des titres du premier album, leur 3 premier 45 tours et a au cours de l'année 67 fait l'objet d'une immense créativité.
Mais c'est compter sans le bonhomme qui s'éteint progressivement. Syd, à 21 ans, est déjà usé par ses experimentations, ses problemes perso. Les séances sont un chaos sans nom. Rappelé à la rescousse, c'est David Gilmour, son remplacant au sein du Floyd qui produit l'album.
Le résultat est heureux et sa valeur ajoutée une mayonnaise qui a bien pris. A l'écoute des prises "séches" dans les bonus, on est étonné du résultat qui s'il avait été tel quel, aurait été catastrophique.
Le disque est une recueil de chanson où transparait l'oeuvre de Tolkien, James Joyce, etc.. qu'a adapté ce poete déchu qu'était Syd Barrett, et l'on regrette qu'il ait perdu confiance en lui tant le résultat est magique.
Figure de l'underground des 60' et 70', Syd Barrett livre ici son meilleur album solo (1970) qui rappelle ses compositions moins rock du premier Pink Floyd. Les séquences semblent parfois improvisées, les paroles et mélodies sont souvent imprévisibles, décadentes, juvéniles mais terriblement accrocheuses. Des morceaux comme "She Took A Long Cold Look" ou "If It's In You" n'ont ni queue ni tête, "Feel" s'arrête sur une converstion de studio... Le reste est simplement magnifique à l'image de "No Good Trying", "Octopus", "Golden Hair" et surtout "Late Night" et sa somptueuse mélodie. Drogué notoire, poète innovateur, peu importe. Le charisme de Syd Barrett s'impose avec The Madcap Laughs. Incontournable.