
Ecm - Ecm
Keith Jarrett
Sortie : 08/10/2007
CD audio
Compilation Jazz, Bop, Post-Bop, Hard Bop
1. Four
2. My Foolish Heart
3. Oleo
4. What'S New
5. The Song Is You
6. Ain'T Misbehavin'




Je comprends tout à fait l'enthousiasme des commentateurs précédents, mais je ne partage pas du tout leur avis dithyrambiques, à l'écoute de ce double "live", qui me paraît rempli de défauts... D'abord, je pense qu'un seul disque aurait amplement suffi. Ce concert est beaucoup trop long. Gaspillage. En outre, les trois morceaux "stride" ( dont le fameux "Ain't Misbehavin'" de Fats Waller) me semblent à côté de la plaque. Jack DeJohnette abuse de la cloche sur la ride, et le son de l'ensemble est mat. Pourtant la longue intro de Jarrett augurait du meilleur. Voilà des musiciens venus jouer pour un public "satisfait" de voir leur idole (histoire de dire, "j'y étais"...) A moins d'être un accro de Jarrett (et pourtant, en tant que fan de Jarrett, je peux dire que ce disque est décevant en comparaison avec d'autres oeuvres antérieures, en trio ou en quartette - que l'on songe au magnifique "Survivor's Suite"), ce disque ne s'impose pas dans vos achats. il ne s'agit que de la fin d'un trio au bout du rouleau, en manque d'inspiration (c'est flagrant lors de ce concert à Montreux). C'est bien dommage, car ce trio a enregistré des heures de gloire ("Tales of Another", "Changes", "Still Alive", "Bye Bye Blackbird", ou encore leur concert éblouissant en Norvège, le sublime "Standards in Norway".). Désolé, mais à l'heure actuelle, il existe des trios bien plus intéressants (ceux de John Taylor, ou encore d'Avishaï Cohen, pour ne citer qu'eux...)
Une première écoute un peu mitigée, sentiment lié en grande partie à l'habitude de vie prise avec les autres albums depuis tant d'années... un temps de latence nécessaire et salutaire dans la prise de contact avec le nouveau concert et les nouvelles phrases musicales. Et puis à la deuxième écoute, le délic se fait et la magie opère comme elle l'avait fait pour les précédents disques ! Ce nouvel enregistrement prend sa place dans notre univers de façon subtile et irréversible car la beauté est au rendez-vous. Jarrett est toujours aussi lyrique tout en étant plus démonstratif, Dejohnette reste impressionnant d'inventivité et Peacock surprenant de modestie. Les mélodies s'écoulent intemporelles et primordiales. Montreux is foolish !