
Universal Music - Universal Music
Sortie : 12/11/2007
DVD
Acteurs : Amy Winehouse
Pop Rock




Trente ans d'expérience musicale dans cet être à peine sortie de l'adolescence. Oublions certains propos devenant nauséeux sur le côté "prococ" d'Amy. Elle est belle, talentueuse et, dans cette musique que l'on croirait souvent réapparaître du passé, le génie de cette sister me berce au quotidien.
J'ai bien aimé les 2 albums FRANZ et BACK TO BLACK, enregistrements studio (dans mes 2 commentaires j'ai dit tout le bien que j'en pensais et leur ai donné la note maximum 5). Je me réjouissais de la parution de ce dvd...Tout de suite, je vous dis que je tombe de haut : cacophonie, tenue scénique anti-séduction...vulgaire. Si le ridicule tuait, ce Concert n'existerait pas.
Amy a des dons...qu'elle prenne modèle sur ses aînées issues de la soul, du jazz. Elle en a heureusement les moyens.
Ange vivant du Jazz, fine fleur du Blues, âme damnée de la Soul, Amy Winehouse est un peu tout ça en même temps.
Faisons le point : elle débarque d'un monde étrange, halluciné, incertain comme une comète inattendue, et des vapeurs black and blue flottent autour d'elle comme une aura scintillante.
Quel est ce mystère ? Elle est lumière et pourtant la lumière s'engloutit en elle. De méchants papillons noirs se collent à sa peau imprimant sur ses bras décharnés, des tatouages bizarres.
Elle promène un peu hâbleuse, une dégaine improbable, à la fois très étudiée et très « laisser faire » : une silhouette efflanquée, presque titubante, enveloppée dans une robe minimaliste d'où sortent deux cannes fuselées, longues comme l'attente des jours heureux.
Ses cheveux sont comme un torrent dégringolant d'un obscur tumulus, et ses yeux tirés vers ce chignon catastrophique, forment en se prolongeant indéfiniment, des sortes d'hyperboles narquoises, outrancières.
Elle se déhanche sur scène avec une allure étrange, mariant le mauvais goût sublime à une grâce délicieusement obscène.
Mais quand elle se met à chanter, le regard perdu dans le vide, sa voix qui s'élève aiguë et déchirante, chaude comme une braise, agit sur la foule à la manière d'un baume souverain. Back to black. Le charme opère immédiatement, et la mélodie en retombant sur les têtes est comme une pluie brillante que chacun cherche à boire avec avidité.
Derrière elle, l'orchestre est un velours idéal. Sa rythmique limpide et cuivrée, noyée dans un écrin de couleurs chatoyantes, aplanit toute angoisse et se font avec le chant pour transformer la souffrance en beauté pure. La réalité s'efface et cette indicible présence devient une évidence obsédante. On ne s'en détache qu'à grand peine.