
C'est un roman que j'ai dévoré en quelque jour seulement. Bien, il fait partie de la famille des roman policiers que j'apprécie : celle où dans les dernières pages, apparait la clef de voute du récit, celle qui assemble toutes les pièces du puzzle par un rebondissement.
Bref, vous vous en doutez, je l'ai adoré. Et je le recommande.
Bien loin d'être omniprésente, la violence est là, il la décrit très justement, c'en est suffoquant. On y croit car Coben connait son sujet (on s'en rend compte en lisant la liste des remerciements : pédiatres, urgentistes) ou à sa connaissance des procédures juridiques (il remercie des avocats, des procureurs).
Avec "Innocent" Harlan Coben confirme ce que je pensais déjà : il écrit des polars pleins d'humanité. A travers ses personnages, il dénonce des injustices, des souffrances, des vies abîmées. Ils lui permettent de glisser des réflexions sur la société (la pauvreté, la prostitution, l'amitié blanc-noir, l'adoption, l'adolescence...). Il parle comme une femme de la maternité, des enfants... Quant au suspense, il est carément au rendez-vous, avec des twists-in-the-end innimaginables - oui plusieurs - (attention à ne pas gober les mouches en lisant les dernières lignes!).
Un bonheur de lecture, loin d'être anxiogène, entraînant à souhait, en compagnie des géniaux Matt Hunter, Olivia Hunter, Celia Shaker, Loren Muse qui sont tous extrêmement touchants dans leur dévouement, leurs doutes et leur générosité. Harlan Coben jongle (ou dribble plutôt vu son goût pout le basket) avec des personnages et histoires qui à priori n'ont rien à voir et qui au final se rejoignent TOUTES, quelle dextérité (en plus, on arrive à suivre)! Toujours la même recette : des dialogues qui fusent, des explications claires et à gogo, des personnages uniques et vivants, qu'on ne peut s'empêcher d'aimer ou de détester (sans être manichéen).