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Sortie : 03/01/2008
Poche
Auteur : Cormac McCarthy
Littérature anglo-saxonne, Poches littérature internation, Roman-théâtre




Une course-poursuite vertigineuse entre un homme qui tombe sur 2 millions de dollars, un tueur psychopathe dont la froideur n'égale que son implaccable efficacité, et un vieux flic désabusé. Grandiose ! Avec un style qui va à l'essentiel et frappe très fort sans pour autant en faire des tonnes ! Quel écrivain !
Avant d'être un polar magistralement écrit, ce livre est avant tout une réflexion profonde sur le sens du Bien et du Mal. Où l'Homme dit "normal" doit-il se situer devant tant de violence et de haine? Derrière les yeux d'un Shérif intègre et aimant, le lecteur voit défiler un enchainement implacable de terreur, et comme lui, il reste impuissant et se demande si ce monde dans lequel il vit est encore valable.
tout comme "THE ROAD", on retrouve le style simple et fluide l'auteur, avec des phrases courtes et incisives: comme quoi parfois écrire à la manière de Proust n'est pas indispensable pour aller droit au but....
un excellent livre.
Cormac Mc Carhty semble aimer dire la déliquescence de notre monde. Un livre noir, très noir, enfin, noir et rouge plutôt, vu le taux d'hémoglobine versé dans ces presque 300 pages. Moss se tire donc avec l'argent. Mais il a à ses trousses des mexicains fous de rage d'avoir été floués, un ancien colonel un peu barré, un tueur fou (fou ? pas tant que ça à mon avis) et le shérif Bell, qui compte les coups et constate le gouffre dans lequel sombre son époque.
Il faut s'accrocher au livre. D'abord parce que les litres de sang versé ne semblent jamais devoir se tarir. On sait dès le début que pour l'optimisme, faudra repasser. Le style, ensuite, n'est pas des plus faciles à lire. C'est sec, heurté, scandé. Cormac Mac Carthy supprime les virgules et les remplace par la conjonction « et ». Ça donne des phrases plutôt longues, lancinantes, monotones (« Il s'arrête à la barrière et descend et l'ouvre et passe et redescend et la referme et reste un moment à écouter le silence. Puis il remonte dans la camionnette et prend en direction du Sud sur le chemin du ranch »). Mais on n'est pas là pour lire de la poésie. Le style est sec comme les paysages, sec et desséché comme ces hommes pour qui la violence est tout simplement normale, pur réflexe, automatique.
Le personnage du tueur, Chigurh, est oppressant. Pour lui, tuer, c'est comme ouvrir une boite de conserve ou allumer une cigarette. Aucun état d'âme, aucune question. Pas de valeurs, si ce n'est celle de survivre, avancer, point.
Quant au shérif Bell, Mc Carthy intercale des courts chapitres où Bell constate la pourriture dans laquelle se vautre son pays. Il évoque l'époque pas si lointaine où les sherifs ne portaient pas d'arme, où les professeurs, à un questionnaire sur les problèmes rencontrés dans leurs établissements, parlaient de chewing gum mâchés en classe, de gosses qui couraient en classe, copiaient..., et aujourd'hui, répondent viols, meurtres, drogues..
Voilà ce que raconte Mc Carhty : le monde est devenu fou, parce que les hommes sont devenus fous. La violence est devenue la norme. Le meurtre anecdotique. Les nouvelles valeurs sont l'argent, la drogue, les armes. Il n'y aura pas d'échappatoire. L'humanité sombrera à cause des hommes. Ce sont eux qui provoqueront leur propre fin.