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New York Dolls
Sortie : 25/10/1990
CD audio
Variété / Pop International, Rock, Rock & Roll, Hard Rock, Glam Rock, United States of America, Proto-Punk, Album Rock, New York Punk, Pop & Rock
1. Personality Crisis
2. Looking For A Kiss
3. Vietnamese Baby
4. Lonely Planet Boy
5. Frankenstein (Orig)
6. Trash
7. Bad Girl
8. Subway Train
9. Pills
10. Private World
11. Jet Boy




La face A (morceaux 1 à 5) est indémodable, renversante, rien à dire là-dessus. Le son de guitare de Thunders, tronçonneuse (Thunders chante sur "Subway Train", voix nasillarde et vraiment bonne), est grandiose.
Mais la face B, exception faite de "Subway Train" et éventuellement de "Pills", est une autre affaire ; là, on est dans la platitude absolue. Quel dommage, ça démarrait si bien...
Le meilleur disque (de toute façon ils n'en ont fait que deux, et oubliez la reformation actuelle des deux survivants just for the money) d'un des groupes les plus essentiels des années 70.
Souvent assimilés et réduits à leurs excès (le look ahurissant pour l'époque, les défonces à tous les étages), l'importance des Dolls se situe au niveau strictement musical.
La doublette introductive de ce Cd (« Personality crisis », « Looking for a kiss ») est stupéfiante de perfection plus de trente ans après. Johansen (plus encore que l'autre lippu américain Steven Tyler d'Aerosmith) est par son magnétisme le clone parfait de Mick Jagger, les guitares rageuses de Thunders et du trop souvent sous-estimé Syl Sylvain incrustent le danger dans tous les morceaux, et la rythmique enclume sévère. Le tout superbement produit par Todd Rundgren qui a du se souvenir de ses années garage avec Nazz pour leur concocter ce son de déglingue rock'n'roll.
Une hystérique tournée anglaise (avec mort du batteur par OD) allait donner plein d'idées de groupes à tous les morveux british. Le punk était en route.
Que vous ayez 20 Cds ou 20 000, celui-là doit être dans le lot.
Ce disque est sans aucun doute l'un des plus influents de la scène rock du début des 70s. Poussant à l'extrême les clichés trash du courant "stonesien" de l'époque Let It Bleed/Exile On Main Street, cet enregistrement va littéralement être à l'origine du mouvement punk américain, inauguré par les Ramones dès 74 au CBGB de New York. Plus "trash" que véritablement "glam", il est avec "Fun House" des Stooges l'une des bibles musicales qui va conduire toute une génération de jeunes britaniques à se lancer dans une musique primaire et provoquante, qui secouera la fin de la décennie et changera à jamais la face du rock. Non, ce disque n'a rien à voir avec du hard-rock, même si le look des Dolls a très certainement incité les Kiss à jouer avec le maquillage de leurs frangines. C'est un manifeste de rock adolescent, mal maîtrisé, mais bouillonnant de testostérone. Une sorte de cri ultime, adressé par une génération paumée à une société qui s'effondre dans les miasmes du Vietnam et la faillite des valeurs hippies.
Rageuse, exhubérante et totalement dénuée du moindre bon goût, cette musique "basique" a prouvé - dans la tradition des garage bands des 60s - qu'on pouvait s'amuser comme des fous même si on ne savait jouer que trois accords sur une guitare et si on chantait comme un chat en rut. De Personnality Crisis à Frankenstein, en passant par Jetboy, voilà un recueil de morceaux passionnants, et souvent mal fichus, qui n'a pas pris une ride en 35 ans. Du rock "fun" et énergétique, crasseux comme un peep show sur Bowery, tonique comme une baston entre gangs du Queens. Rock'n roll, vous dis-je!