
EMI - EMI
Félix Mendelssohn
Sortie : 01/04/2002
CD audio
Musique de scène, Romantique
1. Le Songe D'Une Nuit D'Eté : Ouverture, Op 21
2. Le Songe D'Une Nuit D'Eté : Scherzo
3. Le Songe D'Une Nuit D'Eté : Marche Des Fées
4. Le Songe D'Une Nuit D'Eté : Air "You Spotted Snakes..."
5. Le Songe D'Une Nuit D'Eté : Intermezzo
6. Le Songe D'Une Nuit D'Eté : Nocturne
7. Le Songe D'Une Nuit D'Eté : Marche Nuptiale
8. Le Songe D'Une Nuit D'Eté : Marche Funèbre
9. Le Songe D'Une Nuit D'Eté : Danse Des Clowns
10. Le Songe D'Une Nuit D'Eté : Finale




Ce soir là, pour l'enregistrement, Otto Klemperer est-il venu avec les lutins et les elfes ?
Car franchement, on sent leur présence dans cet enregistrement de 1960.
La direction est légère, on retrouve toute la féerie du monde de Shakespeare.
Une version inspirée !
A posséder absolument.
Patrick
Achevée par Mendelssohn à l'intention d'une représentation pour le Roi de Prusse en 1843, la partition du "Songe d'une Nuit d'été" retrouve l'étrangeté et la verve de la pièce de Shakespeare, tout autant qu'elle représente une oeuvre phare du romantisme par son lyrisme et son ambiance fantastique.
La musique de scène intégrale, écrite pour soprano, contralto, choeur de femmes et orchestre, se déroule en 13 numéros, quoique les mélodrames intermédiaires soient souvent escamotés au concert, comme c'est le cas ici.
La présente version, gravée en 1960 par le Philharmonia sous la baguette de Otto Klemperer, constitue toujours la grande référence classique, auxquels sont depuis venus se mesurer Rafaël Kubelik (dans un style plus léger), Eugene Ormandy (intensément féerique), Neville Marriner (plus théâtral) ou Kurt Masur, pour ne citer que les réalisations les plus marquantes.
Le somptueux orchestre anglais surprend par sa densité sonore et son aplomb, qui empèsent quelque peu le discours mendelssohnien. Heureusement, la direction alentie et extraordinairement lisible du chef allemand aère les textures et clarifie la structure de chaque pièce, qui parait comme illuminée de l'intérieur.
On aura rarement entendu un dessin si nettement tracé dans les redoutables guirlandes de cordes de l'Ouverture, ou dans les contours anguleux du Scherzo, superbement orné par les souffleurs londoniens.
Cette lecture très architecturée plaira avant tout aux mélomanes qui privilégient la clarté textuelle à l'émotion sensible, qu'ils pourront aller recueillir dans le témoignage étreignant que Ferenc Fricsay avait déjà enregistré en 1950 avec la Philharmonie de Berlin.
Un regret : il est dommage que l'éditeur n'ait pas pensé à compléter ce programme par l'Ouverture des « Hébrides » que Klemperer avait aussi confiée aux micros d'EMI, et qui constitue une des plus ferventes interprétations qui en fût jamais gravée.
Otto Klemperer est habituellement considéré comme un chef lent, pesant, spécialisé dans le monde symphonique germanique. Et c'est vrai que ses interprétations de Mahler (dont il fut proche), de Brahms sont fameuses. Diriger une oeuvre légère, spirituelle pouvait donc aboutir à une déception. Au contraire, c'est une grande réussite.
La direction est vive, sensible aux détails orchestraux, aux nuances, au rythme. Comme souvent chez ce chef, certains instruments, habituellement noyés dans une pâte sonore épaisse, ressortent avec vigueur. L'ouverture se développe longuement. Mais la célèbre "marche nuptiale" est d'une vigueur inattendue, d'une vivacité jubilatoire. Le nocturne pour cor est magistralement interprété par le célèbre corniste Alan Civil. Le Philarmonia Chorus travaille à merveille. Et les deux solistes sont des collaboratrices régulières du chef : Heather Harper, au timbre lumineux, et Dame Janet Baker, à la voix si puissante, donnent leur charme aux passages chantés.
Quoiqu'ancien, cet enregistrement, proposé de plus à un prix fort intéressant, est d'une qualité technique remarquable. Cette version s'impose donc à plus d'un titre !