
Warner Home Vidéo - Warner Home Vidéo
Sortie : 26/09/2001
DVD
Réalisateur : Stanley Kubrick
Acteurs : Matthew Modine, Adam Baldwin, Vincent D'Onofrio, R. Lee Ermey, Dorian Harewood
Amitié, Drame, Guerre, Journaliste, Manipulation, Politique, Psychologique, Survie, Vietnam




Full Metal Jacket ou l'enveloppe de métal des cartouches des fusils d'assaut des troupes américaines.
Ca commence par un entrainement faisant de ces hommes des marines, puis ca se continue et se termine par un combat dans une ville en ruines (Hué ?).
Ca rappelle cette photo de Larry Burrows ou de Tim Page montrant un char transportant des GI blessés avec un d'entre eux tenant une perfusion. C'est totalement deshumanisé et ces guerriers rentrent au camp en chantant une chanson à la gloire de Walt Disney. Ca n'a rien à voir avec la force d'"0rages d'acier" de Junger, ni avec la guerre à hauteur d'homme menée par l'adjudant Willsdorf dans la "317 ème Section", ca renvoie à ce remarquable reportage de Schoendorffer "La section Anderson".
Cette guerre, menée par les Etats-Unis, perdue politiquement alors qu'ils avaient saigné pour un long moment l'armée nord vietnamienne (Khe-Sanh, le Têt, l'opération Phoenix, les raids "Rolling Thunder"...soit 53 000 américains et plus d'un million de vietnamiens tués d'après un officier général vietnamien), c'était bien, après une "première version"menée avec des troupes professionnelles, entraînées, aguerries (Instructeurs spéciaux, bérets verts, premiers contingents de marines) une guerre comme l'a restitué Kubrick, avec pour combattants des jeunes gars venus, pour la plupart, des ghettos chicanos ou noirs, des profondeurs de la campagne puis des villes (c'est alors que la petite et moyenne bourgeoisie s'est mise à renauder sérieux, que les intellectuels s'en sont mêlés et qu'Hollywood a fait son show).
Aujourd'hui, toute l'Amérique s'émeut (voir l'image de marque des sénateurs Kerry et Mc Cain lors de la deuxième campagne électorale Bush) alors qu'à l'époque la bienpensance crachait (physiquement) à la figure des boys qui étaient allés se faire cartonner pour endiguer le communisme. Des gamins qui rentraient à leur base de départ en entonnant, non pas un chant de marche, mais un hymne à la gloire de Tonton Walt.
Le Vietnam, c'est la victoire de la Logistique et la Défaite du guerrier. Quoiqu'en dise, le Zéro Mort n'existe pas et on gagne avec la fureur des hommes, la cohésion du groupe et la volonté du Pays (cf Clausewitz). Ce que les Français firent en Indochine reste incomparablement supérieur à ce que firent les Américains au VietNam même si on doit se poser la question de la justesse et de la raison d'être de ces conflits.
C'est ce que nous montre Kubrick, même si son propos est ailleurs. Enfin, ce casque de combat avec le signe de la paix, c'est la marque même de l'incohérence et le pendant du casque de ce type sur un porte-avions croisant au large du Tonkin où on pouvait lire sur quatre badges : "Bomb Hanoï now", "Bomb Saïgon now", "Bomb Disneyland now", "Bomb anything now".
Une grande différence marque l'engagement des troupes US par rapport à celles, remplacées, françaises sur cette terre d'Indochine (cf. "La 317° section" de Pierre Schoendoerffer).
Les scènes d'entraînement sont classiques (pour ceux qui ont fait leur service militaire), même si cela dérape par un suicide... Ensuite, le combat de rues est original. La scène est en effet inhabituelle (par rapport à "Apocalypse Now", "Platoon", "We were soldiers" ou "Hamburger Hill" par exemple) : elle se situe dans une ville en ruines. La prise de conscience de ce que la mort s'invite à tout moment, brutalement, stupidement, est très bien rendue par Kubrick. Pas de héros super-Rambo; au contraire, des types ordinaires, projetés de leur Amérique rurale profonde dans un conflit qu'ils ne comprennent pas. Un bon film sur la sociologie de cette guerre.