Un château en forêt

Plon - Plon

Sortie : 11/10/2007
Broché
Auteur : Norman Mailer
Littérature anglo-saxonne, Littérature étrangère


Un château en forêt
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Un château en forêt Norman Mailer Plon

Un château en forêt

 

Certes Norman Mailer sait retenir son lecteur et le livre ne perd jamais un certain intérêt mais quelle idée bizarre d'aller chercher les forces du mal ( un anti-ange gardien en somme) pour raconter cette enfance dont l'intérêt m'a échappé en définitive (tout comme les digressions sur Nicolas II de Russie). Norman Mailer aurait-il été jaloux de Salman Rushdie et de la maestria avec laquelle celui-ci utilise l'ange Gabriel dans "les versets sataniques" (pour ne prendre qu'un exemple d'intrusion du surnaturel dans son oeuvre )?. Eh bien c'est raté : ce roman pèse une tonne pour un contenu dérisoire comme les gros sabots de Herr Hitler père (bien qu'il ait enlevé les siens). A oublier.

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Un château en forêt

 

« Inter faeces et urinam nascimur », disait Odon de Cluny (nous naissons entre la merde et l'urine), Norman Mailer a décidé de rester résolument dans cette tonalité tout au long des quatre cent quarante huit pages de ce copieux roman.
Le narrateur est une entité du mal. Incarné quelques temps dans un officier SS, il reste cependant peu défini, peu au courant du fonctionnement de son « patron », le Maestro (le diable), ou du camp d'en face, le Dummkopf (Dieu). (Dummkopf, ou DK familièrement, = idiot en allemand).
Sa mission est de suivre le petit Adi, et pour bien nous en exposer tous les tenants et aboutissants, c'est jusqu'au grand-père d'Adolf Hitler que nous remontons. D'épisode licencieux en cours sur les abeilles (avec deux scènes « marquantes », l'extermination dune ruche touchée par la maladie par gazage, puis la crémation), nous suivons donc toute la famille Hitler jusqu'à la fin des études (courtes) d'Adolf.

La thèse du narrateur, c'est qu'un enfant résultat d'un inceste au premier degré (puisqu'ici la mère d'Adolf est aussi la fille de son mari, leur père à tous deux, et de surcroît la mère de cette mère est aussi la demi-sœur du père... pas clair ? Dans le roman, c'est longuement explicité) et nanti d'un seul testicule de surcroît, est prometteur pour le côté du mal. Cela produit des lots entiers de dégénérés, et parfois, très rarement, un sort du lot et a des dispositions inouïes pour servir le mal, pour peu qu'on le maintienne dans cette voie... Il s'avère que l'enfance d'Adolf tiendra toutes ses promesses, en ce sens.

Narré d'une plume graveleuse et souvent même scabreuse, cette enfance d'Hitler s'excuse régulièrement de choquer le lecteur, y compris même en l'amusant : plusieurs digressions sur ce fait. D'autres encore, avec malice, pour nous parler d'une mission intermédiaire en Russie, avec ce formidable avertissement, page 214 : « Si certains lecteurs persistent à dire : « J'aimerais mieux continuer à suivre le récit des évènements survenus à Hafeld », je leur répondrai ceci : « C'est votre droit. Reportez-vous directement à la page 255. C'est là que reprend l'histoire d'Adolf Hitler. »

On pourra dire tout ce qu'on voudra de la plume de Norman Mailer, elle s'y entend toujours comme personne pour prendre le lecteur dans ses filets et ne pas le lâcher durant tout le temps qu'elle aura décidé de jouer avec lui. « Pour tout le reste, un personnage est le fait d'une succession de choix », nous dit-il en fin de livre. Mon choix est de le suivre, toujours, et où qu'il aille. Je gage que sur ce roman précis, ce ne sera pas le cas de tout le monde !

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