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Sortie : 16/06/2004
Relié
Auteur : Albert Uderzo
Astérix (Personnage fictif) - Bandes dessinées, Aventure, BD jeunesse, Bandes dessinées, Cartoons & comic strips, Language




Au début des années 60, le souvenir de la guerre et des nazis était encore dans toutes les mémoires, même celles des enfants qui ne l'avaient pas vécu.
Les allemands tels que Goscinny et Uderzo les dépeignent sont bien les ancêtres des "boches" de 1914 et 1940. Au contraire des autres peuples que les pères d'Asterix ont caricaturés dans leurs autres ouvrages, Goscinny et Uderzo ne manifestent aucune tendresse pour nos voisins d'outre-Rhin. La cruauté de leur portrait est d'autant plus forte que le talent des deux auteurs est grand. Est-ce "politically correct" à l'heure de la construction européenne ?
Je suis hostile à toute forme de censure, mais la lecture de cet Asterix m'interpelle aujourd'hui et me met mal à l'aise. Alors que la bande dessinée est quasiment la seule lecture des générations récentes, quelle vision peuvent-elles avoir de l'Allemagne après avoir lu cet Asterix ?
De l'Allemagne, les jeunes ne connaissent que les grosses voitures, les nazis et néo-nazis éternellement recyclés dans le rôle de mauvais par le cinéma américain. Si ce n'est pas Goscinny et Uderzo, qui leur dira que la culture Allemande, déshonorée par les nazis, est pourtant l'une des plus riches d'Europe et qu'il y eu en Allemagne autant d'esprits de lumière qu'en France, mais qu'il sont été vaincus par la barbarie ?
Panomarix triomphe à la grande Fête des Druides. Ceci lui vaut d'être enlevé par les Goths en pleine forêt des Carnutes. Missionnés pour le ramener dans son village, Astérix et Obélix partent chez les Goths ravager le pays, libérer Panoramix et livrer la Gothie à la guerre civile.
Ce troisième tome des aventures de notre petit gaulois national est à mourir de rire. Les situations (la scène de la sortie de prison), les calembours ("il est déchainé"), les typos utilisés quand les Goths parlent, leurs noms en ic, les guerres finales (qui rappellent furieusement les guerres picrocholines) le chant de marche des Goths ("Sur toutes les routes...), tout déclenche le rire. L'ensemble est bien sûr supporté par l'immense talent d'Uderzo. La diversité des personnages, la qualité du dessin, le choix des couleurs, tout concourt au succès de l'album.
Au fait, j'avais oublié de le dire : Goscinny était purement et simplement génial. C'est toujours drôle, fin, attendrissant. Ce type était tellement grand qu'Iznogoud, Lucky Luke et Oum Pah Pah en ont aussi profité. Goscinny, un talent généreux.