
G.C.T.H.V. - G.C.T.H.V.
Sortie : 25/01/2006
DVD
Réalisateur : Joe Francis
Acteurs : Josephine Baker, André Luguet, Hélène Hallier
Collection cinéma muet




les deux numéros plus une petite partie du bonus où on voit Josephine Baker sont un régal: elle était absolument exceptionnelle, par son style, sa chorégraphie, ses prouesses physiques, ses grimaces... et avait un corps superbe, comme on le devine sur la couverture alors qu'elle est très habillée dans le film! Rappelons que la Revue Nègre de 1926 a fait une révolution comparable aux ballets russes.Mais voilà , pour les 90 minutes du film on la voit 3 minutes et demie, et le reste des chorégraphies n'a vraiement rien d'exceptionnel.En résumé, il n'y a que Joséphine qui soit éblouissante, et on la voit à peine.
Le dossier de presse consacré à la diffusion de ce film sur une célèbre chaine Franco-Allemande, qui nous a habitué à de véritables bonheurs grace à la diffusion de chef-d'oeuvres, était particulièrement alléchant. On nous promettait un film fabuleux, manifestement digne de coexister dans l'histoire du cinéma Français avec "Napoléon" ou "La Passion de Jeanne D'Arc". En fait, ce très curieux film n'est rien d'autre qu'un très vague prétexte à montrer des numéros de Music Hall, par ailleurs amoureusement coloriés au pochoir, entremêlés d'une vague intrigue(Une jeune femme rêve de devenir une vedette et devient une vedette.), le tout mis fort platement en images, à l'exception de quelques plans un peu "artistiques", au début du film, mêlant les images de passants et de voitures dans un kaléidoscope étourdissant, comme on en trouve dans tous les films Français urbains de l'époque(Par exemple "Au bonheur des dames", de Duvivier) . A la même époque, le cinéma Français nous donnait "Maldone" et les deux films précités, le cinéma Allemand "Spione" de Fritz Lang, et "Die Büchse der Pandora" de Pabst, le cinéma Américain, quant à lui, produisait "Lonesome", "l'aurore", "le Cameraman", ou "le Cirque". Donc ce film ne peut rien nous apporter; bien sur on peut, et on doit se réjouir de la redécouverte d'un film auparavant perdu, quel qu'il soit, mais de là à le traiter en oeuvre maitresse, il y a un pas, qu'il me semble bien imprudent de franchir... Joe Francis, on l'aura compris, n'est
ni Chaplin, ni Keaton, ni Murnau, ni... etc. Quant à la musique de Taranta-Babu, aussi intéressante soit-elle, elle n'est pas un argument valable pour vendre un film.