
Sony - Sony
PlayStation2
Sortie : 20/03/2002
CD-Rom
Cartouches et logiciels CD pour consoles de jeux, Arcade/action, Aventure - Action




Voici le seul jeu vidéo qui m'a arraché une petite larme lors du générique de fin...
Avec la sortie de "Shadows of the Colossus", que je n'ai pas encore pu tester (honte à moi), j'ai voulu me replonger dans cet univers de rêve qu'offre Ico, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'après plus de 4 ans, ce jeu n'a pas perdu une ride!
C'est avec ce genre de jeu que l'on reconnaît un studio qui a du talent artistique : même si sur le plan purement technique il se situait en deçà des très grosses productions de l'époque, ce titre se distinguait par une sensibilité incomparable, dont seuls les Japonais ont le secret. Les développeurs ont mis le paquet l'aspect artistique, et il est souvent agréable de lâcher un moment le fil de l'histoire pour admirer un paysage!
Résultat : une ambiance unique et émouvante (dans l'univers sonore, graphique, ou encore dans l'histoire elle-même), un soucis du détail étonnant, et un jeu dont on ne ressort pas indemne...
Lors de la première partie, on se sent rapidement transporté dans cet univers imaginaire sans même s'en rendre compte : je me suis parfois surpris à plisser des yeux en regardant une étendue d'eau éclairée par le soleil!
Les scénaristes ont su parfaitement alterner les passages sereins et les moments plus stressants.
A ceux qui me demandent pourquoi j'aime tant ce jeu, je leur réponds : "ICO est au jeu vidéo ce que Hayao Miyazaki est à l'animation Japonaise et au Manga", je pense que c'est assez explicite...
D'ailleurs, si vous aimez l'atmosphère des films de Miyazaki, nul doute que vous appréciez celle de ICO!
Imaginez : le souffle du vent, le frétillement des arbres et au loin, le blanc mouvement des nuages et des vagues pour fond. Si un jour quelqu'un voulait s'essayer à prouver que le jeu vidéo est un art, Ico serait certainement un de ses meilleurs exemples. Qu'aujourd'hui encore, de nombreux magazines spécialisés jouent aux éxégètes avec ce jeu ne permet aucun doute sur son statut unique dans le paysage vidéoludique.
Techniquement : la prise en main est immédiate. Ico se déplace comme un jouet d'enfant, mais plus encore semble vivre sous la manette : il court et s'essoufle, trébuche, appelle Yorda... Presque une soeur, un coeur idéale celle-ci, blanche, éthérée, on la croirait rêveuse comme une princesse attendant de s'évader.
En fait, ce jeu puise toute sa force dans l'imaginaire qu'il crée. C'est un conte de fée interactif, un retour en enfance à coups de puces et d'électronique.
Le jeu n'est pas parfait, loin de là, on peut lui trouver de nombreux défauts mais ce qui fait son pouvoir d'attraction, c'est justement sa perfectibilité.
A quoi bon penser : "Mmh... C'est une histoire ou un prétexte." ; "Ces énigmes sont trop simples !" ; "Encore ces même Ombres !!" ; "Quel gameplay répétitif !!!", "Quoi ! On ne peut pas appeler ça une durée de vie !!!!!!!", j'en passe et des pires.
Pour tout dire, tout ici est question de subjectivité. Il faut aimer, ressentir et vivre à pleins poumons cette histoire de deux enfants condamnés pour pouvoir en sentir toute la puissance. Aussi, plutôt que de parler de jeux vidéo, pour Ico, on devrait dire : "Ode aux Rêves et à l'Enfance".
Une véritable oeuvre.