Berlin

Sony Budget - Sony Budget
Lou Reed
Sortie : 10/07/2001
CD audio
Rock & Roll, Singer/Songwriter, Hard Rock, Proto-Punk, Album Rock, Pop & Rock, Rock International

1. Berlin
2. Lady Day
3. Men Of Good Fortune
4. Caroline Says 1
5. How Do You Think It Feels
6. Oh, Jim
7. Caroline Says 2
8. The Kids
9. The Bed
10. Sad Song

Berlin
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Berlin Sony Budget

Berlin

 

« Berlin » est souvent en lutte avec « Transformer » pour le titre de meilleur disque de Lou Reed post-Velvet.
« Berlin » est radicalement différent du manifeste glam-rock de l'année précédente. « Berlin » est sombre, glauque et sans la moindre lueur d'espoir.
Cette fois, plus de Bowie à la production, et arrivée de Bob Ezrin, qui s'était fait un nom aux manettes derrière Alice Cooper. Le casting musical est superbe, avec une rythmique Jack Bruce - Ainsley Dunbar, les guitar-heroes siamois Hunter et Wagner, les frères Brecker aux (discrets) cuivres, plus quelques pigistes de luxe genre B.J. Wilson et Steve Winwood.
« Berlin » raconte la déchéance tragique de Jim et Caroline à travers des morceaux d'une irréelle beauté funèbre. Les musiques font le grand écart entre classique, baroque, cabaret berlinois années 20, Kurt Weill, Inutile de chercher ici les rock'n'roll basiques et décharnés du Velvet ou des premiers efforts solo de Lou Reed.
Et comme s'il ne lui suffisait pas d'avoir avec « Berlin » érigé une œuvre toujours citée depuis sa sortie comme étant un des plus grands disques de rock de tous les temps, une sorte de pierre philosophale de la musique déprimée que des myriades d'auteurs tentent toujours d'égaler, Lou Reed va se lancer, dans un état de délabrement physique et mental total, dans une tournée apocalyptique qui génèrera deux albums live colossaux (« Live » et « Rocknroll animal »).

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Berlin

 

J'ai acheté le vinyle il y a 20 ans et je continue à l'écouter. La musique est bien jouée par plusieurs session men d'exception (Jack Bruce, Stevie Winwood...) qui donnent une ambiance acoustique et troublante à l'oeuvre. La voix de Lou Reed est suspendue quelque part entre froide mélancolie et rage. Elle nous guide dans un univers où le rêve de la génération hippie s'effrite sous le poids du sexe et de la drogue. Une tragédie pour les années de la guerre froide où les personnages n'acceptent pas de compromis et regardent avec lucidité et cruauté leurs vies s'annihiler l'une l'autre. Bien au-delà de ce que le rock avait proposé auparvant.

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Berlin

 

C'est en 73 que Lou Reed sort ce qui deviendra son "monstre" : Berlin, 3eme album solo, ultime excroisance d'une année glam à la décadence affichée (Raw Power,Alladin Sane...), véritable péplum sonore à la gloire de la haine et du dégout.les thèmes abordés sont d'une gaietés confondante : suicide,drogue,desastre amoureux et haine froide.Pour illustrer ce charmant tableau, le producteur Bob Ezrin(qui plus tard produira The Wall) est convié, emmenant avec lui les musiciens/vandales d'Alice Cooper, comme par l'odeur de souffre alléchés.Tout ce petit monde s'applique durant des mois en studio pour créer un son immense, écrasant du fond duquel surgit la voix blasée et fétide du grand méchant Lou.Un lou qui ressemblait plus à un raton-laveur à l'époque à cause de son maquillage gothique... Mais rien de tout cela dans ce disque.à vrai dire il se doit d'être écouté sans tenir compte de la pochette(différente de celle souhaitée par Reed),ni des courants musicaux(pas de glam ici).Il faut se retrouver seul face à cette production inimitable(appelée "cinema mental" par Ezrin),cette vision de la vie cauchemardeque(à un tel point qu'on frôle le burlesque quelquefois),et surtout cette histoire terrible : la déchéance de Jim et Caroline,deux junkies en perdition,dans un Berlin baroque et cruel.Non,reed ne s'est pas inspiré de Ziggy Stardust pour son histoire.Et pour une fois,le caméléon rouquin a préféré ne pas suivre Lou Reed dans une entreprise aussi périlleuse...Il faut dire que si l'album est une réussite(si tant est que le but voulu par ses créteurs était de nous dégouter de la vie),Reed et Ezrin en sortiront épuisés mentalement,seront incompris par la presse et par le public,et ne pourront pas présenter l'album dans sa version double lp,ce qui les forcera à réduire les chansons.Un disque en forme de descente aux enfers,qu'on peut rapprocher d'oeuvres terminales comme Mellon Collie des Smashing ou justement The Wall.Un disque qui a bien failli s'ajouter au tableau des chef-d'oeuvres perdus du rock tels "Smile".

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