
EMI - EMI
David Bowie
Sortie : 20/09/1999
CD audio
Pop, Hard Rock, Prog-Rock/Art Rock, Glam Rock, Pop/Rock, England, Proto-Punk, Album Rock, Pop & Rock, Rock, Variété / Pop International
1. Fiveyears
2. Soul Love
3. Moonage Daydream
4. Starman
5. It Ain' T Easy
6. Lady Stardust
7. Star
8. Hang On To Yourself
9. Ziggy Stardust
10. Suffragette City
11. Rock' N' Roll Suicide




Dans les textes relatifs au mythe d'Aristophane, trois catégories d'êtres humains, et non pas les deux que nous connaissons aujourd'hui, cohabitaient en bonne intelligence. En ce temps là , synthèse du mâle et de la femelle, tant pour le nom que pour la forme, l'androgyne était un genre à part entière.
Ecrite par Bowie, directement inspiré de cette légende, la fable du Ziggy Stardust égaré dans un monde corrompu s'érige en référence à cette singulière vision de la genèse. Cependant, pour que son histoire dépasse l'idée d'une simple fantaisie, c'est à un héros victime de sa propre décadence auquel va s'identifier notre ex Major Tom. Un rocker extra terrestre qui vivra, jusqu'au paroxysme, une histoire qui empruntera autant au vécu de son auteur, qu'à la schizophrénie d'un certain Dorian Gray. Album concept doué d'une force indéniable, The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars nous permet également de découvrir que lorsque la contre culture s'en mêle, le rock en ressort grandi.
Faisant suite à un Hunky Dory cultivant tous les talents, Ziggy Stardust est l'exemple type de l'album qui embrasse la perfection au travers d'une histoire mettant en scène la plupart des fantômes d'une adolescence en quête de nouveau messie. Servi par des textes au cynisme décapant, un chant défiant le sacré et des guitares cultivant l'essence même du glam rock par une fécondité sans borne, The Rise and Fall dépasse tous les attendus en matière de mélange de climats, comme d'immoralité propre à toute fiction musicale qui se respecte. Sombre messager nous entraînant jusqu'aux marches du suicide d'une superstar éphémère, ce disque brûle encore, même lorsque le verbe s'éteint.
Habité par une outrance d'émotions, Ziggy Stardust est en fait un oiseau de mauvais augure qui n'a de cesse de nous faire basculer dans l'irrationnel. Levant le rideau de ses obsessions sous le crescendo d'un Five Years alarmiste, Bowie jette le trouble, s'y complait, quitte à se mettre en danger lorsque le jeu en vaut l'extase. Les titres s'enchaînent, nous consument par leur capacité naturelle à fabriquer l'étrange, à se jouer des ombres qui s'agitent devant nos yeux pour, en final, nous abandonner sur la corde raide d'un Rock'n'Roll Suicide saisissant. Rebelle à toute entrave, Ziggy est à prendre comme une sorte d'Icare fantasque, dont les ailes démesurées vont accélérer la chute.
Hasard du temps, d'une époque, en sacrifiant son personnage lors du mémorable concert donné le 3 juillet 1973 à l'Hammersmith Odeon de Londres, Bowie fera de celui-ci une icône définitive, tout en conférant à ce disque le statut d'album culte.
Tout le monde qualifie cet album de chef-d'oeuvre de Bowie. Toutefois,le son a vieilli très fort et passe mal actuellement. Bowie ne chantait pas toujours très juste et sa voix était assez haut perchée.... A part "Starman" le reste est assez dispensable. Il faudrait le refaire avec une bonne production et une voix moins "fofolle " en délire.
Perso, je n'ai jamais trop affectionné ce disque(ni le suivant) dans la discographie du Thin White Duke. Un peu trop empoulé à mon goût, je trouve qu'il manque de sincérité et de spontanéité(ce qui est aussi le cas d'"Aladdin Sane" qui est pourtant sorti dans l'urgence!). "Hunky Dory" paru en 1971 a en comparaison, bien mieux vieilli que sa période glamour (pourtant "Hunky Dory" et "Ziggy" ont été conçus pratiquement à la suite!....Bowie avait des transformations fulgurantes dans les seventies!). La qualité des morceaux est là , mais l'interprétation et la production laissent à désirer. Reste à savoir pourquoi parmi de nombreux fans et de journalistes, "Ziggy Sardust" est-il devenu la pierre angulaire dans la disco de Bowie!!! Mystère?...non, en vérité, c'est un peu la même histoire avec les albums cultes ("Machine Head" pour Deep Purple, "Close To The Edge" pour Yes, "Led Zeppelin IV" pour qui vous savez....etc...etc...). Ce ne sont pas forcément les meilleurs albums dans les discographies respectives de tous ces artistes, mais ce sont sans doute ceux qui ont eu à l'époque, le succès médiatique le plus retentissant!