
Southpaw - Southpaw
Mogwai
Sortie : 23/04/2001
CD audio
Rock Indépendant, Indie Rock, Space Rock, Experimental Rock, Expérimental, Indépendants
1. Sine Wave
2. Take Me Somewhere Nice
3. O I Sleep
4. Dial : Revenge
5. You Don'T Know Jesus
6. Robot Chant
7. 2 Rights Make 1 Wrong
8. Secret Pint




Pour cet album, changement de direction. Fini les gandes montagnes russes, place à des morceaux plus pop intégrant le chant trafiqué au vocoder. 6 chansons et 2 interludes. Oublions ces interludes, inutiles, faites de bidouillages électroniques. Oublions également "Dial:revenge", morceau pop enjoué, indigeste, chanté en gallois par Gruff Rhys (des Super Furry Animals). Laissons de coté "secret pint", et "sine wave", pas franchement mauvais mais pas franchement bons non plus. Alors si on fait le compte, il ne reste plus grand chose:
"2 rights make one wrong", bon morceau électro-pop, fruit de la rencontre entre Mogwai et The Remote Viewer (groupe électro anglais); "take me somewhere nice", longue ballade apaisante, avec la participation de David Pajo (ex-Slint, ex-Tortoise...), qui rappelle le magnifique morceau "cody" de l'album précédent; et "you don't know jesus", morceau alternant les moments de calme et les moments de furie, comme Mogwai savait si bien les faire autrefois.
Ce dernier opus du groupe écossais a certainement laissé sur leur faim quelques personnes non formalisées au post rock. Cet album est relativement court (38min), cependant la "magie Mogwai" fait encore son effet. Ici point d'alternance bruit-calme, ou d'autres montées atmosphériques "Mogwaiennes", on sent cette brutalité comme sous-entendue, étouffée, sous-jacente. La batterie est toujours aussi présente, au coeur des guitares, les violons font leur apparition plus souvent, une trompette parfois également... Mogwai est un groupe qui s'écoute au casque, égoïstement, allongé sur son lit, on se laisse transporté pour un voyage dont on ne ressort pas indemme... Veuillez éteindre vos cigarettes et accrocher vos ceintures! Le meilleur et le plus abouti des albums de Mogwai, incontestablement.
En 1997, après le splendide "Young Team", je voyais en Mogwai le futur (ou en tout cas, un futur possible) du rock. Hélas, voilà un disque assez calamiteux, où ces jeunes ex-prodiges semblent incapables de faire autre chose que de radoter encore et toujours leurs recettes de chansons (avec, comme exemple extrême, la chanson n°2). Chose que je craignais déjà avec "EP+2" : Mogwai n'arrive plus qu'à s'autoparodier, groupe en pilotage automatique, sans âme, loin la teneur punk qu'il prenait au début. Je ne critique pas l'affadissement du son, mais bien leur paresse à reprendre les accords qu'ils délivrent quasiment depuis leurs débuts. Encore jeunes et déjà séniles, quelle tristesse... Rabattez-vous sur Slint et leur "Spiderland" de 1991, c'est d'une toute autre tenue.