
TF1 Vidéo - TF1 Vidéo
Sortie : 25/10/2007
DVD
Réalisateur : Florian Henckel von Donnersmarck
Acteurs : Thomas Thieme, Martina Gedeck, Ulrich Muhe
Cinéma, Drame




Quest-ce que la bonté ? Vous le savez, vous ? Moi, je crois que cest ce qui reste en dernier, quand on est dépouillés de tout ce qui nous masque à nous-mêmes. La bonté ne sentrevoit que dans linstant, à la fin du monde, dun monde. Cest aussi le sujet de ce film beau et sobre comme une pluie d'automne.http://rosesdedecembre.blogspot.com/search?q=M%C3%BChe
Les humains sont pétris de petites lâchetés, c'est dans leur nature et dans leur mode d'emploi. C'est aussi ce qui fait leur charme désuet : « être malgré ». Dans ce film, le dramaturge se voue à sa création, à ses admirations, à ses compagnons et à la Cause : il oublie sa femme en chemin. L'actrice oublie de descendre de scène, elle joue sa vie avec une trop grande sensibilité, elle refuse de renoncer à quoi que ce soit et accepte de tomber dans les pièges qu'on lui tend : elle trahit. Quant au ministre et au supérieur de Wiesler, tout entier adonnés à la concupiscence, catégorie prédation pour l'un, catégorie ambition pour l'autre, ce sont indubitablement les deux personnages les plus humains du film. Seul Wiesler est inhumain, rendu par la façon de jouer d'Ulrich Mühe, avec un minimum d'expression et de gestes. Wiesler est un homme (un robot ?) de système. Il se donne tout entier à sa tâche et n'a pas de vie en dehors d'elle. Et s'il semble trahir sa hiérarchie, ce n'est que parce que celle-ci trahit le système, et donc, ce faisant, il répare l'accroc fait par les humains à son idéal.
M. Smith au sénat ou M. Deeds, que nous a donnés Frank Capra, le Tom Doniphon de John Ford, sont de la même eau. Les jours d'automne pluvieux, quand les feuilles pourrissent sur les trottoirs, que nous comprenons que plus rien ne va arrêter le raccourcissement des jours, ils nous consolent un peu, ces personnages là. Un peu d'inhumanité improbable ne peut pas faire de mal.
D'ailleurs, Wiesler, à la fin, distribuant ses prospectus de porte en porte, ne semble pas plus malheureux que lorsqu'il était agent de la Stasi. L'important, quand vous distribuez des prospectus, c'est de bien le faire, consciencieusement.
Mise en scène froide, décor gris et terne, personnages coincés et dialogues bridés, ambiance de flicage permanent. Tout est là pour rappeler l'enfer du socialisme version est-allemande. Dans cet univers triste et suranné où tout est sous contrôle, on se dit que même l'herbe doit avoir du mal à pousser.
Pourtant peu à peu, dans un quotidien déprimant, surgit un peu d'humanité, là précisément où on l'attendait le moins. C'est là toute l'originalité de ce film étonnant. On peut reprocher un certain manque d'intensité et peut-être une trop grande retenue des émotions, mais l'essentiel est dit. Et bien dit.