
Irs - Irs
Black Sabbath
Sortie : 04/07/1992
CD
Hard Rock, Heavy Metal
1. Computer God
2. After All (The Dead)
3. Tv Crimes
4. Letters From Earth
5. Master Of Insanity
6. Time Machine
7. Sins Of The Father
8. Too Late
9. 1
10. Buried Alive




un album largement inférieur aux mythiques "heaven and hell" et "mob rules", c'est en fait une tentative de renaissance commerciale pour RJ Dio dont la carrière solo s'était éffondrée lentement mais surement après le départ de vivian campbell. même chose pour tony iommi dont l'association avec cozy powell n'avait pas atteint les sommets. faites le test vous-même, écoutez "mob rules" puis ensuite cet album, ce sont les mêmes musiciens mais pas du tout le même niveau...
Pur moment de grace métallique, et donc comme le dit si bien un Amazoniaque, de grâce musicale tout court. Deux membres du Sabbath originel, plus V.Appice, et le lutin à la voix d'or. Je suis en fait replongé corps et esprit dans ce CD après m'être procuré le Dio's years sorti récemment. C'est vrai que ce best of, aussi bon soit-il, ne restitue en rien l'atmosphère de ce magnifique disque, dans lequel il faut se perdre en l'écoutant dans l'ordre de bout en bout. Un monument, du à l'alchimie de T.Iommi et de Dio, complices un moment, un de ces CD que l'on écoute toute sa vie, quelque soit les tendances du moment, ou les influences auxquelles en est sensible, ou réceptif.
Il y a des morceaux de métal que j'adore mais je n'ai jamais autant aimé un album entier comme celui ci je crois. Toutes les compositions sont à garder, rien n'est à jeter. L'homogénéité sonore n'exclut pas la variété : puissance des riffs et des rythmes, soin des arrangements, inspiration mélodique, finesse harmonique, tout y est ...La souplesse vocale de Dio est confondante. Il nous entraîne selon son gré dans des abîmes d'obscurité, de rage, sa voix sature parfois, d'autre fois se fait plus douce, claire (le pont de "Computer God"), presque enjôleuse. Pleurer et avoir des frissons en écoutant un chanteur de metal est quelque chose que je ne pensais pas possible avant de l'entendre ici. Emotion, raffinement et intelligence dans la construction, le groupe se plaît à cultiver la sensibilité de ses auditeurs, la prend avec sérieux et professionnalisme : écouter les arpèges saturés pendant les ponts de "Master of Insanity" et "Letters from Earth", le thème introductif lourd et subtilement inquiétant, sombre de ce même morceau, si caractéristique du style rythmico-mélodique de Tony Iommi, à l'opposé le tempérament accrocheur et direct de "Time Machine" et "TV Crimes" joue le contraste avec à la batterie un Vinnie Appice irrésistible, le crescendo de "Too Late", des faux airs de "Dies Irae" dans les chromatismes et les attaques compressées à la guitare sur l'intro de "After All" ... des surprises à chaque morceau qui évacuent toute lassitude.