Decoy

Columbia - Columbia
Miles Davis
Sortie : 09/09/1991
CD audio
Jazz, Fusion

1. Decoy
2. Robot 415
3. Code M. D
4. Freaky Deaky
5. What It Is
6. That'S Right
7. That'S What Happened

Decoy
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Decoy Columbia

Decoy

 

Ce disque enregistré en 1983 à été longtemps sous estimé et trop souvent réduit à la dimension d'un simple album de transition. Pourtant et malgré un aspect un peu hétérogène, il s'agit d'une des meilleurs productions de l'"ange noir", toute période confondue. "Decoy" apparait au fil du temps comme un album rempli d'intuitions quasi "prophétiques". Sa dimension "proto-techno-jazz" est flagrante et il suffit d'écouter "robot 415" ou la rytmique techno de "code M.D" pour s'en convaincre.Quand à Miles,il lui a fallu presque trois années après son "retour" en 1980 pour retrouver un jeux de trompette vraiment satisfaisant et c'est avec une nouvelle fraicheur toute empreinte de légèreté et d'équilibre entre notion d'improvisation et d'écriture structurée qu'il nous entraîne dans son nouvel univers. Une mension particulière pour le morceau titre "decoy" aux accents légèrement "jungle dub" et qui n'a pas pris une ride ainsi que pour "freaky deaky" à l'atmosphère irréelle et poétique dans lequel "miles davis" abandonne sa trompette pour le synthétiseur afin d'accompagner son excellent bassiste "darryl Jones" tout le long d'une boucle hypnotique. Enfin, "that's right" devrait ravir les fans du trompettiste bluesy.

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Decoy

 

'Decoy' est le passage du Miles Davis électrique des années 1970, où les morceaux très longs laissaient beaucoup de place à l'improvisation quelquefois au détriment de la mélodie elle même, à celui des années 1980 avec retour à des thèmes - il ira même jusqu'à reprendre des chansons comme le faisaient les boppers - plus mélodiques, moins sujets à des solos de tous les membres de sa formation.
Ce n'est pas un reproche bien au contraire puisque les précédents opus comme 'Jack Johnson', 'Bitches Brew' ou 'In A Silent Way' sont tout simplement splendides mais c'est la marque d'un maître qui sait changer ses créations, s'entourer toujours des jeunes musiciens à la pointe de l'innovation, se remettre en question au lieu de gérer son fonds de commerce.
Ici, tout commence à fond avec le titre 'Decoy' suivi d'un petit 'robot 415' en forme de clin d'oeil puis Miles Davis attaque avec le thème le plus fort de cette album, le somptueux 'code m. d' qui comme son nom l'indique souligne le virage musical du maestro.
Le suite laisse plus de place aux autres instrumentistes et en particulier au formidable guitariste John Scofield, notamment dans les morceaux 'what it is', 'that's right' et 'that's what happened' où l'on sent la complicité et la complémentarité entre trompette et guitare.
Comme disait Miles Davis lors d'une interview à la télévision française lors de la tournée 1984, il n'est pas nécessaire de jouer beaucoup de notes mais la note juste. C'est fait dans cet album où son jeu commence à devenir minimaliste au profit des autres musiciens.
En plus, on ne s'endort pas un instant car le tout reste très 'funky'.

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