Récital Argerich - Live from the Concertgebouw 1978 & 1979

EMI Classics - EMI Classics
Jean Sebastien Bach
Sortie : 09/04/2000
CD audio
Récital, Piano, Classique

1. Partita N 2, Bwv 826 : Sinfonia... (Bach Johann Sebastian)
2. Partita N 2, Bwv 826 : Andante (Bach Johann Sebastian)
3. Partita N 2, Bwv 826 : Allemande (Bach Johann Sebastian)
4. Partita N 2, Bwv 826 : Courante (Bach Johann Sebastian)
5. Partita N 2, Bwv 826 : Sarabande (Bach Johann Sebastian)
6. Partita N 2, Bwv 826 : Rondeau (Bach Johann Sebastian)
7. Nocturne N 13, Op 48 N 1 (Chopin Frederic)
8. Scherzo N 3, Op 39 (Chopin Frederic)
9. Sonata, Sz 80 : Allegro Moderato (Bartok Bela)
10. Sonata, Sz 80 : Sostenuto E Pesante (Bartok Bela)
11. Sonata, Sz 80 : Allegro Molto (Bartok Bela)
12. Danzas Argentinas, Op 2 : Danse Du Vieux Vacher (Ginastera Alberto)
13. Danzas Argentinas, Op 2 : Danse De La Charmante Jeune Fille (Ginastera Alberto)
14. Danzas Argentinas, Op 2 : Danse Du Gaucho Rusé (Ginastera Alberto)
15. Sonate Pour Piano N 7, Op 83 : Allegro Inquieto... (Prokofiev Sergei)
16. Sonate Pour Piano N 7, Op 83 : Andante Caloroso (Prokofiev Sergei)
17. Sonate Pour Piano N 7, Op 83 : Precipiato (Prokofiev Sergei)
18. Sonate En Ré Mineur, Kk 141 (Scarlatti Domenico)
19. Suite Anglaise N 2, Bwv 807 : Bourrée (Bach Johann Sebastian)

Récital Argerich - Live from the Concertgebouw 1978 & 1979
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Récital Argerich - Live from the Concertgebouw 1978 & 1979 EMI Classics

Récital Argerich - Live from the Concertgebouw 1978 & 1979

 

Le jeu de Martha Argerich a souvent fait naître la controverse : on l'a accusée de chercher la performance, de jouer la virtuosité pour la virtuosité. On comprend alors que cet enregistrement de concert sorte aussi tard, car elle prête le flanc à la critique.

Cependant, comment rester insensible à cette force, à cette fougue entraînante ? Débutant par une partita de Bach, le récital commence sous les augures de la rigueur et de l'humilité. Plus rapide que l'enregistrement contemporain pour le disque, le tempo évite la solennité. Avec Chopin, on entre dans le saint des saints d'Argerich : après un nocturne qui déploie une tendresse chatoyante, elle entame le Scherzo n° 3. Le public est en état de choc à la fin du morceau, ce que le blanc avant les applaudissement rend sensible. Après quelques notes sourdes, presque interrogatrices, avec une implacable autorité, Argerich emporte très loin le scherzo dans la violence, et renvoie de Chopin une image de compositeur révolutionnaire (qu'on pense aux Etudes) assez oubliée... Audacieuse, cette interprétation marque durablement.

C'est sur un rythme trépidant que va se jouer la suite du récital. La sonate de Bartók est l'occasion de briser les rythmes avec retenue, l'énergie semblant toujours à l'affût sous la douceur et la sobriété. Les danses de Ginastera, originaire du pays natal de la pianiste, trouvent tour à tour sous ses doigts une ineffable délicatesse ou un rythme déchaîné, endiablé.

La célèbre septième sonate de Prokofiev démarre sur le mode de la confidence, mais pour mieux poursuivre en un martellement ahurissant. La rapidité d'exécution semble dépasser tout ce qui a été entendu, et Argerich semble parfois se perdre dans un flot dévastateur, une marée de notes, un torrent de lave, particulièrement dans le dernier mouvement, effréné, frénétique.

Après ces pièces haletantes, c'est avec d'autant plus d'étonnement qu'on entend les deux derniers morceaux : le choix de la sonate en ré mineur de Scarlatti, habituellement jouée au clavecin, révèle toujours une grande virtuosité (le grelottement propre à cette sonate, d'un naturel confondant), mais aussi une tendresse infinie. La bourrée de Bach achève de convaincre l'auditeur : son mouvement irrésistible paraît avancer avec martialité pour cacher une irrémédiable nostalgie...
Difficile de trancher quand on s'est laissé totalement emporter...

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