Les Puritains

Universal Classics & Jazz - Universal Classics & Jazz

Sortie : 02/01/2008
DVD
Classical, Compilation Classique, Music/Performing Arts, Opera / Operetta / Oratorio, Opera/Operetta, Performing Arts

Les Puritains
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Les Puritains Universal Classics & Jazz

Les Puritains

 

Autrefois, les chanteuses travaillaient leurs rôles des années avant de les étrenner sur les grandes scènes. Les plus prestigieuses avaient l'honneur d'en graver une intégrale. Ces temps sont révolus : les stars lyriques du XXIème siècle n'ont plus de temps à perdre à préparer leur rôle sur des scènes de province : entre plateaux de télé et interviews dans la presse « people », on ne fréquentent même plus les studios d'enregistrement mais uniquement les quelques théâtres qui garantissent le DVD obligatoire (bien moins coûteux que les enregistrements studio d'autrefois): peu importent l'entourage médiocre, le chef indigne, les coupures scandaleuses... De toute façon, les critiques seront bonnes si la diva est suffisamment "people".
La presse officielle unanime annoncera que tel chanteur a « triomphé » au Metropolitan. Seuls les rares amateurs témoins du pseudo événement sauront à quoi s'en tenir sur ledit « triomphe ». Ayant assisté à ce spectacle, je ne m'attendais certainement pas à son édition en DVD !

Qu'importe la médiocre qualité de ces prestations tant qu'elles se vendent. Car c'est bien là le fond du problème : un enregistrement de qualité demande du temps, de la patience, du travail et n'est pas certain de rencontrer son public. Alors qu'un disque « vite fait, mal fait », mais bien « markété » par un bon publiciste se vendra à coup sûr et coûtera moins cher. Pourquoi se gêner ?

Les bons chanteurs n'ont pas disparus : ils cèdent plus facilement à la facilité. D'où cette frustration lorsqu'on assiste à une représentation comme celle de ces Puritains new-yorkais.

Car Anna Netrebko est effectivement une grande artiste, jeune et belle, au timbre magnifique, aux moyens généreux, et recélant un véritable tempérament théâtral. Mais que dire quand le duo avec Giorgio est amputé de sa reprise ? Quand il manque la moitié de la polonaise du premier acte (« Son vergin vezzosa ») dont les variations sont quasi inexistantes et le contre ré à peine tenu ? Quand l'artiste évite de chanter à pleine voix sa scène de folie ? Quand l'épate prime sur l'émotion, l'artiste chantant sa reprise de « Vien diletto » sur le dos, la tête renversée dans la fosse d'orchestre (une performance physique qui par ailleurs force le respect) ? Que dire de ce final de l'acte I (« Vieni al tempio ») où l'artiste tente (courageusement) les 3 contre-ut et le contre ré mais en trichant avec la rythmique : le premier est en place, le second en retard et les deux dernières notes confondues en un ascenseur du pire effet (3 notes là où il en fallait 4) ! Sans parler des transpositions diverses (le duo "Vieni" transposé d'un ton en dessous !) ou des trilles simplement escamotés ...
Ainsi, les quelques beaux moments de cette Elvira (essentiellement la scène de folie, très applaudie, alors que la polonaise laisse le public de marbre) sont autant de preuves qu'avec une préparation professionnelle, un bon coach et un minimum de réflexion sur le rôle, Anna Netrebko aurait pu nous offrir une très belle soirée.
A sa décharge, reconnaissons qu'elle n'est guère aidée par son entourage. Patrick Summers est une totale calamité. Car le massacre à la tronçonneuse ne se limite pas aux morceaux que le plateau n'arrive pas à chanter : ainsi, pour l'ensemble en coulisses du premier acte où nous passons directement de l'introduction à la coda, sans passer par le développement du thème musical. De nombreux passages sont pris trop vite, d'autres trop lentement, l'apothéose revenant au duo « Suoni la tromba » qui ralentit ou accélère à chaque mesure, nous amenant à regretter le sérieux de l'orchestre de la Garde Républicaine.

Le plateau vocal n'est guère plus adéquat. Pour un rôle qui aligne ut dièse et contre ré, il n'est pas inintéressant de choisir un ténor qui a de l'aigu : ça peut aider. Eric Cutler est hélas dépassé par la tessiture d'Arturo, les suraigus étant émis à l'arraché dans un mélange chaotique de voix de tête et de voix de poitrine. Le timbre nasillard est des plus déplaisant, la caractérisation nulle : à oublier. Vite.

Franco Vassalo ne lui cède en rien en médiocrité. On est d'abord séduit par une voix chaude et bien timbrée dans son air d'entrée, mais la cabalette, amputée de toutes les vocalises écrites par Bellini vient nous refroidir avant qu'un aigu final pitoyable vienne achever de nous convaincre de l'indigence technique de ce baryton (la suite ne fera que nous le confirmer).
Jeune troupier, John Relyea a déjà une voix de vieillard, blanche et usée, à l'émission irrégulière (deux notes consécutives ne sont jamais émises avec la même puissance) et son vibrato ne s'atténue que lentement au fil de la représentation.
La production est vieille de trente ans : elle ne gênerait en rien un plateau flamboyant (j'y ai entendu Joan Sutherland en 1986 !); ce soir, elle ne faisait que mettre en évidence l'indigence et l'impréparation de cette soirée.

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Les Puritains

 

Comme l'indique l'extrait de l'article publié dans le NY Times, "l'ovation prolongée que reçoit Netrebko après la scène de la folie du 2e acte menaçait de stopper la représentation à mi-chemin".
Quelle dommage que cela n'ait pas été le cas à la vue de cette calamiteuse captation de la production des Puritains donnée le 6 janvier 2007 au Metropolitan Opera de New-York. Uniquement montée sur le très lucratif nom de la très glamour Anna Netrebko, cette version est sans conteste la plus mauvaise qui se puisse voir et entendre. A tout seigneur, tout honneur, le metteur en sc...., enfin le chef de plateau Sandro Sequi (???)dont la production fut créée en 1976 (elle pourrait l'avoir été 50 ans auparavant encore). Nulle direction d'acteur, aucun travail de placement de choeur, le pire de la convention ennuyeuse opératique existe dans ce pseudo travail.
Le suit de près le besogneux Patrick Summers, batteur de crème sans inspiration à la tête d'un orchestre du Met seulement moyen.
Et la distribution : ah certes, pour être sexy, la Netrebko l'est (pour ceux qui aiment le style russe poupine), ces divers costumes sont fort bien portés et la jeune femme sait comment évoluer sur une scène sans être trop godiche. Pour le reste, Netrebko est-elle digne de ses illustres devancières (Sutherland, Callas, Sills,...). Hélas, une voix agréable et un contrôle du souffle certain ne saurait compenser une diction approximative, un manque de caractérisation évident (forcément, sans l' aide d'un metteur en scène)et une prudence technique qui ne peut que la brider, un manque patent de couleurs et un suraigu mal assuré. Au final, une prestation estimable mais vite oublié. L'entourage est indigne d'une scène internationale : Eric Cutler est sans doute un très bon Ferrando mais ne sera sans doute jamais un Arturo, rien dans sa frêle voix ne le prédispose. Franco Vassallo, superbe de timbre (les aigus étant cependant systématiquement criés), n'a rien à dire et à faire dans le rôle de Riccardo. John Relyea est tout juste correct en Giorgio. Au final, un DVD inutile qui n'honore guère la politique de diffusion du label jaune et donne une bien piètre image de la modernité voulue par Peter Gelb, récent patron du Met.

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Le MET est avant tout réputé pour ses chanteurs, illustres la plupart du temps. Offrir à Anna Netrebko la possibilité de briller dans un opéra peu monté de nos jours, mais gratifiant lorsqu'il est bien mis en valeur vocalement était tentant. Encore fallait-il l'entourer d'un bon trio (ténor-baryton-basse) et d'une mise en scène, sinon révolutionnaire, du moins intelligente. Et ce n'est pas le cas ici : le MET s'en tient à des décors hideux (le 2e acte comporte un unique escalier) et des protagonistes de patronage. Autrefois, il y avait des ténors capables d'aborder le bel canto avec un beau timbre de voix ou de beaux aigus. Pourquoi ne pas avoir fait appel à Juan Diego Florez? Même Netrebko paraît mal à l'aise dans ce pauvre contexte, et ne donne pas la pleine mesure de son talent, si évident en d'autres lieux (Traviata à Salzburg ou Elisir à Vienne). Il y a peu d'années, Barcelone avait trouvé l'équilibre parfait pour ses "Puritains" avec Edita Gruberova et Jose Bros, dans une mise en scène et des décors minimaux mais suffisants. Pauvre MET! Riche en moyens financiers mais peu enclin à changer ses habitudes de vieille école poussiéreuse!

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