
EMI - EMI
David Bowie
Sortie : 20/09/1999
CD audio
Pop, Prog-Rock/Art Rock, Folk-Rock, Pop/Rock, Album Rock, British Folk-Rock, British Psychedelia, Pop & Rock, Rock, Variété / Pop International
1. Space Oddity
2. Unwashed And Somewhat Slightly Dazed
3. Don'T Sit Down
4. Letter To Hermione
5. Cygnet Committee
6. Janine
7. An Occasional Dream
8. Wild Eyed Boy From Freecloud
9. God Knows I'M Good
10. Memory Of A Free Festival




Lorsque arrive dans les bacs des disquaires en 1969 l’album que nous connaissons sous le titre* de « Space Oddity », David Bowie a 22 ans et déjà cinq années de métier. Mais s’il s’est créé un nom (il a changé « Jones » en « Bowie » en 1966) il ne s’en est pas encore fait un auprès de la critique et surtout du grand public.
Cet enregistrement (qui est le deuxième** de Bowie) est donc important dans sa carrière à deux titres :
D’abord avec le morceau « Space Oddity » qui ouvre le CD, Bowie connaît là son premier grand succès et, « petit coup de pouce » d’importance, la chanson est utilisée en Angleterre comme générique aux émissions T.V. consacrées à l’alunissage d’ Apollo XI ;
Ensuite avec son disque Bowie s’affirme en tant qu’auteur dont l’univers oscille entre fiction—voire S.F. (« Space Oddity », « Wild-Eyed Boy…», An Occasionnal Dream ») et expériences vécues (« Letter To Hermione », « Memory Of…»), entre mythologies personnelles (« Cygnet Commitee ») et influences majeures (« Unwashed And… » très dylanesque).
Si les arrangements et la tonalités des morceaux différent selon les ambiances imposées par les sujets (blues rock pour « Unwashed and… », ballade folk pour « Letter To… », psyché pour « Space Oddity » et « Memory Of… »), l’instrument se distinguant le plus est la guitare sèche ; d’ailleurs les démos originales*** ont été enregistrées à deux guitares (Bowie jouant avec son ami Hutch). Quant à la voix de Bowie, elle se place souvent dans les médiums, flirtant tout de même de temps en temps avec les hautes : le maniérisme dandy à la « Ziggy » n’existe pas encore.
Bowie ne joue pas encore dans la provocation et ses textes sont sensibles et touchants, parfois naïfs dans le sens noble du terme, « Letter To Hermione » en étant le parfait exemple ; il s’agit de la plus belle chanson d’amour écrite par lui où il met à nu son désespoir amoureux derrière un mince voile de poésie réaliste en décrivant avec justesse les moindres soupirs de tristesse de l’amant délaissé.
Les années d’ effort et de galères commence à payer avec « Space Oddity » mais David Bowie ne va pas s’arrêter en si bon chemin ; la célébrité ne se gagne pas, elle s’achète : mais à quel prix ? Le prochain album de Bowie sort l’année d’après, en 1970. Son titre ? « The Man Who Sold The World ».
Le Coin du Collector :
*cet album est paru à l’origine sous trois titres et pochettes différentes : « David Bowie » (chez Philips en Angleterre, 69), « Man Of Words/Man Of Music » (chez Mercury aux USA, 69) puis « Space Oddity » (chez RCA pour l’international en 1972).
**Le premier album de David Bowie est paru en 1967 sous un titre éponyme sur le label Decca/Deram.
***Trois chansons figurants sur la démo originale ne sont jamais sorties : « Lover To The Dawn », « Life Is A Circus » et «Love Song ». On peut trouver la version « originelle » de « Space Oddity » sur les compilations suivantes : « London Boy » (version longue non remasterisée) et « The Deram Anthology 66-68 » (version courte mais remasterisée ).
Cet album (le premier de Bowie) est intéressant. Il n'est pas dans le même style que les suivants, ceux qui recouvrent la periode Mick Ronson/Ziggy Stardust. Il n'en a pas la valeur non plus. Mais il permet de suivre l'évolution artistique de David Bowie. Quelquepart on comprend ces futurs changements et on va constater aussi l'amélioration (merci Ronson). Certes, ce disque n'est pas déplaisant. Le tube "Space Oddity" est une réussite. Le reste pour ceux qui ont connu Ziggy préalablement est un peu déroutant. Bowie est ici plutôt folk alors qu'il deviendra rock et même hard-rock sur son vinyl suivant "The Man...". Donc, attention, je le répète ce disque n'est pas vraiment dans la même veine que ceux à venir et certains auront du mal à accrocher. Mais cet album, assez sixties en fait, aura aussi ses afficionados. Aucune composition, à part celle citée, ne ressort du lot, mais l'ensemble est sympathique.