A Saucerful Of Secrets

EMI - EMI
Pink Floyd
Sortie : 25/07/1994
CD audio
Psychédélique, Psychedelic, Album Rock, British Psychedelia, Variété / Pop International

1. Let There Be More Light
2. Remember A Day
3. Set The Controls For The Heart Of The Sun
4. Corporal Clegg
5. A Saucerful Of Secrets
6. See-Saw
7. Jugband Blues

A Saucerful Of Secrets
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A Saucerful Of Secrets EMI

A Saucerful Of Secrets

 

Comment écouter ce disque ? Il est aussi difficile de ne pas le comparer à The Piper at the Gates of Dawn qu’il est finalement injuste de le faire. Car les groupes qui ont créé ces deux disques sont deux groupes différents, avec des esthétiques différentes. Pour qui est féru de chansons ciselées et de musique rock typée Swingin’London, A Saucerful of Secrets pourra paraître d’une faiblesse insigne. Mais, si on arrive à faire abstraction de cette référence écrasante, on découvrira un excellent album de rock psychédélique. En 1968, Pink Floyd sans Syd Barrett est un groupe pas très éloigné de la “scène” de Canterbury. D’un côté, sur des titres comme Let Ther Be Light, Set the Controls for the Heart of the Sun ou le morceau titre (qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, écoutez Splintered in Her Head de The cure), on rencontre des ambiances très sombres, angoissantes même, qui n’auront plus leur place dans la phase “classique” de Pink Floyd (grosso modo 1970-1975). D’un autre côté, le groupe est très nettement sur la voie de ce qui fera sa particularité dans ces grandes années à venir. Ceci est d’autant plus remarquable que, ne l’oublions pas, ce qui frappe le plus, y compris, surtout sur Meddle ou Dark Side of the Moon, c’est que Pink Floyd ne sait pas quelle est cette musique qu’il veut jouer, puisqu’elle n’a jamais été faite. Parmi les caractéristiques déjà en place, citons la simplicité extrême des formes musicales, la raréfaction du matériau thématique (mélodies aussi bien que rythmes et harmonies) qui tend vers une musique atmosphérique, sans ressorts de tension, l’importance accordé à la dimension purement sonore. Tout à la fin, Jugband Blues, testament de Syd Barrett, garde un pouvoir émotionnel unique. Au total, A Saucerful of Secrets n’est certainement pas un des voyages les moins marquants de la discographie de Pink Floyd, bien au contraire. Cet album mérite à tout le moins un coup d’oreille.

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A Saucerful Of Secrets

 

Faisant suite au génialissime et désormais culte « Piper At The Gates Of Dawn », ce deuxième album de Pink Floyd est à la fois hybride et transitoire. Hybride car Syd Barrett, écrasé par le succès de leur (son ?) premier opus, décroche littéralement et s'enfonce progressivement dans l'abus de drogues en tous genres. Lui qui était à l'origine du groupe se retrouve progressivement évincé. Cette douce folie créative, débridée et déjantée qui fut à l'origine du Floyd fait ici place à une musique beaucoup plus planante, théâtrale et parfois pompeuse, servie par une production sommaire (« The The Controls For The Heart Of The Sun » peut paraître ridicule aujourd'hui). "A Saucerful Of Secrets" est aussi transitoire car suite à la défection involontaire mais inéluctable de Barrett, Waters va peu à peu prendre les rennes du groupe, composant ou co-composant quatre des sept titres de l'album. C'est aussi le disque qui marque l'arrivée de David Gilmour pour prendre la place laissée vacante par Barrett. Inutile de préciser que leur approche ou leur style sont diamétralement opposés et que jamais Gilmour ne réussira à véritablement remplacer le génie fondateur. Bien que composée par Waters et préfigurant ici sa haine de l'autorité absurde et de l'armée, le terrible et faussement enjoué « Corporal Clegg » aurait été co-interprété par Barrett. C'est assez vraisemblable après une écoute même distraite quand on connaît un peu l'esprit et les compositions ultérieures en solo du personnage...

La dernière chanson que composera Syd Barrett pour Pink Floyd sera « Vegetable Man », titre encore inédit à ce jour. Elle ne figurera jamais sur "Saucerful Of Secrets", évincée par un Waters déjà un peu despote qui la juge beaucoup trop sombre. C'est pourtant Barrett qui signe à lui seul le pathétique « Jugband Blues », d'une noirceur et d'une tristesse implacables, dépeignant la situation paradoxale dans laquelle il se trouve : « And I'm much obliged to you for making it clear that I'm not here » (je vous suis très reconnaissant de me signifier que je ne suis pas là). Tout est dit...Et de s'interroger, à juste titre : « And I'm wondering who could be writing this song » (je me demande qui pourrait écrire cette chanson)...Le Floyd continuera pourtant sans lui une carrière exemplaire et "Saucerful Of Secrets" en est le signe annonciateur. Force est pourtant de constater que cet album inégal a terriblement vieilli...

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A Saucerful Of Secrets

 

Malgré le départ de Syd Barret, cet album reste néanmoins un de leur meilleurs albums en ce qui concerne l'imagination et la créativité . Replacé dans son contexte (c'est à dire 1968, le mouvement hippy, et tout ce qui l'accompagne...) cet album vous donnera un aperçu du regard "illuminé" que portaient, à cette époque, les membres du groupe sur la musique : à savoir un désir de briser toutes conventions, d'insérer des nouveaux sons distordus et novateurs, en bref de faire triper, et accompagner les délires leurs contemporains ! La continuité exeptionnelle, digne de the wall, de cet album, le rend admirable ; alors si vous aimer la musique qui vous transporte dans une autre dimension : prenez !

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