Sonates & partitas pour violon seul

Sony Classics - Sony Classics
Johann Sebastian Bach
Sortie : 14/05/2001
CD audio
Baroque, Violon

1. Partita N 3 En Mi Majeur, Bwv 1006 - I. Preludio
2. Partita N 3 En Mi Majeur, Bwv 1006 - Ii. Loure
3. Partita N 3 En Mi Majeur, Bwv 1006 - Iii. Gavotte En Rondeau
4. Partita N 3 En Mi Majeur, Bwv 1006 - Iv. Menuet I
5. Partita N 3 En Mi Majeur, Bwv 1006 - V. Menuet Ii
6. Partita N 3 En Mi Majeur, Bwv 1006 - Vi. Bourree
7. Partita N 3 En Mi Majeur, Bwv 1006 - Vii. Gigue
8. Partita N 2 En Re Mineur, Bwv 1004 - I. Allemande
9. Partita N 2 En Re Mineur, Bwv 1004 - Ii. Courante
10. Partita N 2 En Re Mineur, Bwv 1004 - Iii. Sarabande
11. Partita N 2 En Re Mineur, Bwv 1004 - Iv. Gigue
12. Partita N 2 En Re Mineur, Bwv 1004 - V. Ciaccona
13. Sonate N 3 En Ut Majeur, Bwv 1005 - I. Adagio
14. Sonate N 3 En Ut Majeur, Bwv 1005 - Ii. Fuga
15. Sonate N 3 En Ut Majeur, Bwv 1005 - Iii. Largo
16. Sonate N 3 En Ut Majeur, Bwv 1005 - Iv. Allegro Assai

Sonates & partitas pour violon seul
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Sonates & partitas pour violon seul Sony Classics

Sonates & partitas pour violon seul

 

L'age n'y fait rien à l'affaire ; Menuhin les enregistra pour la première fois sensiblement au même âge, et il grava alors la version la plus débordante d'humanité, la plus musicale que je connaisse, en dépit d'une justesse parfois hésitante. Rien de tout cela ici, bien au contraire : on sent un archet incisif, parfois dur, et une précision implacable qui rend parfois effrayante cette œuvre souvent austère et difficile. Le pari était risqué, les versions historiques pléthoriques, et je n'ai pas compris l'intérêt de mesurer un "tendron" à ce monument de a musique baroque. Ce qui m'a frappé à la première écoute, c'est le coté désincarné, froid et sans âme de cette interprétation, parfois à la limite du robot : c'est formidablement interprété sur le plan technique, avec une virtuosité à faire pâlir les violonistes plus agés, mais H Hann ne nous transmet ni ne nous raconte rien. Je le répète, l'âge n'y fait rien à l'affaire, puisque la suite de sa carrière a confirmé cette tendance de façon évidente : technique et aisance incroyables, sensibilité et musicalité inexistantes. Pour moi, c'est tout ce que je déteste en musique...

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Sonates & partitas pour violon seul

 

Avec ce disque, Hilary Hahn a démarré une carrière riche en promesses et en réussites. Mais ce premier coup de génie reste l'un des plus éblouissants en la matière. Ce n'est pas tant la sûreté technique, l'aisance de l'archet qui fascinent mais plutôt la qualité de la respiration, la clarté de la pensée et de l'architecture d'ensemble, la capacité de tenir l'auditeur au cœur de l'œuvre, de ne jamais succomber à l'ostentation, en somme, de rester d'une humilité exceptionnelle face à la musique. Cette immense qualité est primordiale pour aborder Jean-Sébastien Bach. Les philologues pourront épiloguer à l'infini sur le style de l'américaine : à ce jour, ils n'ont pas fait mieux !
Autre qualité incontestable : Hilary Hahn sait se rendre maîtresse du temps et sa capacité à varier ses phrasés à l'infini, à créer les éclairages les plus divers sur les tempos les plus distendus force l'admiration. Le programme s'ouvre sur la partita n°3 qui gagne en expression intériorisée ce qu'elle perd en éclat superficiel. La Loure est une véritable élévation vers les plus hautes sphères de la Musique et le Menuet II semble venir d'ailleurs. Les danses ne perdent rien de leur sève populaire auxquelles le jeu assez raide d'Hahn donne une rusticité de bon aloi. Le prélude de cette même partita est l'un des plus stables du point de vue du rythme.
La Partita n°2 est évidemment le sommet de l'album : Si la Courante et la Gigue auraient pu gagner en vivacité, les passages les plus méditatifs touchent littéralement au sublime. L'Allemande devient une intense prière, aux phrasés très profonds et intériorisés ; Dans la Sarabande, Bach semble nous parler de l'au-delà. Les murmures du violon d'Hahn semblent décrochés de la réalité. Et la Chaconne, prise à un tempo quasi-immobile (18'00!!!), nous transporte dans une dimension inconnue jusqu'alors, d'une hauteur de vue à nulle autre pareille. Tout y est : la noblesse, l'intensité, la grandeur, l'émotion à fleur de peau, la technique éblouissante. A un tel degré de mysticisme, la musique s'élève au rang d'Art. Si bien que les reproches adressés à la Courante et la Gigue ne tiennent plus à grand' chose.
Dans la Sonate n°3, la raideur d'Hahn fait perdre aux modulations de l'Adagio initial, leur variétés et leur souplesse mais l'intensité est incontestable. La Fugue est supérieurement dominée mais j'en ai connu des plus transportantes. Le Largo est humble et retenu et le Finale Allegro assai contraste habilement avec ce qui le précède. Le tempo est magnifiquement enlevé, la métrique est parfaite et l'enthousiasme naît de cette folie rythmique. Il achève une Sonate n°3 plus en retrait mais pour autant, voici un disque inoubliable, surtout pour la partita n°2.

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Sonates & partitas pour violon seul

 

Hilary Hahn, au moment où j'écris, a largement confirmé son talent et la perfection de son jeu depuis ce disque, qui va avoir 10 ans. Néanmoins, il fait partie de ma discothèque comme l'un de ceux que j'écoute le plus. Le son de ce violon seul, parfaitement souple et libre, ne laisse passer aucun académisme, ni aucun effort; C'est du vrai Bach à mes oreilles, finement et justement composé, mais venant droit du coeur. Hilary a compris Bach, et elle le respecte. Elle a, depuis, fait de ces morceaux ses "encore" favoris dans une carrière de concertiste remarquable, et personne ne viendra s'en plaindre.

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