![Bach: Cello Suites [2 CDs + DVD]](http://ecx.images-amazon.com/images/I/41Q9Sp%2BVi8L._SL160_.jpg)
Harmonia Mundi - Harmonia Mundi
Sortie : 11/10/2007
CD audio
Chamber
1. Suite N°1 En Sol Majeur I. PréLude
2. Suite N°1 En Sol Majeur Ii. Allemande
3. Suite N°1 En Sol Majeur Iii. Courante
4. Suite N°1 En Sol Majeur Iv Sarabande
5. Suite N°1 En Sol Majeur V. Menuetes I & Ii
6. Suite N°1 En Sol Majeur Vi. Gigue
7. Suite N°2 En Ré Mineur I. PréLude
8. Suite N°2 En Ré Mineur Ii. Allemande
9. Suite N°2 En Ré Mineur Iii. Courante
10. Suite N°2 En Ré Mineur Iv. Sarabande
11. Suite N°2 En Ré Mineur V. Menuets I & Ii
12. Suite N°2 En Ré Mineur Vi. Gigue
13. Suite N°3 En Ut Majeur I. PréLude
14. Suite N°3 En Ut Majeur Ii. Allemande
15. Suite N°3 En Ut Majeur Iii. Courante
16. Suite N°3 En Ut Majeur Iv. Sarabande
17. Suite N°3 En Ut Majeur V. BourréE I & Ii
18. Suite N°3 En Ut Majeur Vi. Gigue




Ce qui frappe d'emblée c'est la simplicité du propos, de bon aloi. Secondement, c'est la réflexion portée à ces oeuvres par Queyras. On voit bien qu'il a réfléchi au sens de chacune de ces suites et même à chaque phrase. Une prise de son , assez proche mais réverbérée ne colore pas trop les timbres. La définition est très bonne et la dynamique volontairement limitée. Finalement un très bon disque.
Plusieurs interprétations récentes des Suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach s'affranchissent du « purisme » préalablement établi par certaines de leurs aînées : à la quête de vérité, leurs interprètes souhaitent y ajouter une part d'esthétique. Une fois la conception technique maîtrisée, l'esprit libre, tous ces esthètes peuvent alors libérer leurs émotions et associer au message original une partie de leur propre identité. Pieter Wispelwey en est un exemple remarquable. Dans un style sensiblement différent, la lecture de Jean-Quihen Queyras se veut un peu plus fédératrice et trouve une place enviable entre la sagesse et l'imprudence. Il se glisse plus qu'il ne s'interpose entre la partition et l'instrument, sans pour autant que son jeu en devienne plus apathique. Bien au contraire, depuis le temps qu'il côtoie ces pièces, il a appris à leur donner le sens qui convient le mieux à sa personnalité. C'est seulement après en avoir bien intégré les particularités (mélodie, modulation, harmonie) qu'il leur transmet ses propres gènes artistiques (rythme, variations d'intensité, timbres) mais sans jamais recourir à de pseudo effets scabreux ou spectaculaires et cela, dans la plus grande sérénité. Aussi, il convient aussi d'associer Cécile Lenoir à sa prestation. Tout à la fois directrice artistique et ingénieur du son, son travail est en tous points remarquable. Saisi dans l'une des plus ancienne église du sud de l'Allemagne, le violoncelle - un Goffredo Cappa de 1696 bénéficiant pour cet enregistrement d'un montage moderne - déploie une sonorité extrêmement séduisante. Associant la pierre et le bois, l'acoustique particulière de Saint-Cyriak souligne agréablement la beauté de la musique et de l'instrument. À l'inverse de certaines gravures, belles mais au pouvoir éphémère, ce disque est une véritable profession de foi qui s'inscrit d'emblée dans la tradition des interprétations majeures, plus spirituelles que cérébrales.
Lorsque j'ai appuyé sur le bouton Play de la platine et que les premières mesures du prélude de la suite N°1 sont parvenues à mes oreilles, j'ai été subjugué. Avec ce disque, Queyras m'a offert de redécouvrir une oeuvre que je connais et écoute pourtant depuis 20 ans. C'est comme si je l'écoutais pour la premiére fois de ma vie. Tout est beauté, intelligence, pureté, précision, authenticité dans cette interprétation, dont la qualité sonore n'est pas la moindre des qualités (magnifique instrument du XVIIème).
Tant pis pour ceux qui l'ont précédé et pour ceux qui le suivront, mais je crois que cette version des suites pour violoncelle est désormais la référence, celle qui faut avoir pour goûter pleinement le génie absolu de J.S. Bach.