L'Avare

Universal - Universal

Sortie : 01/10/2007
DVD
Réalisateur : Jean Girault
Acteurs : Louis De Funès, Frank David, Claude Gensac, Michel Galabru, Bernard Menez

Argent, Comédie française, Culte, Manipulation, Satire, Société


L'Avare
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L'Avare Universal

L'Avare

 

Il est toujours intéressant de replacer les choses dans leur contexte : en plus de se marrer, on apprend quelque chose.

Sponsorisé par Louis XIV, dont la réputation n'est pas tendre, Jean Baptiste Poquelin, dit « Molière », n'est ni plus ni moins que le fondateur de Groland, dite « notre présipauté ».

Moustique, Mickael Kael... Louis de Funès colle à Molière comme une Porsche à la route : efficace, sublime, intemporel...

Pour ceux qui cherchent un message de ce film, tout comme à l'oeuvre de Molière en général: toute société est participative, pour le meilleur et pour le pire.

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L'Avare

 

Molière est un génie tout le monde le savait, mais en plus quand on ose le mettre au grand écran du cinéma, il devient prophétique. C'était un génie du cinéma tout autant que du simple verbe comique ou poétique. Louis de Funès s'efforce de supprimer le statique du décor unique et fait évoluer l'action dans l'entier de la ville. Puis il ose projeter des scènes ou des apartés de simple pensée dans des séquences qui sont comme des dépaysements et des divagations. Il va même jusqu'à réécrire de simple scène de salon en procès dans une cour de justice ou bien encore en scène de café. Rien ne lui résiste, surtout pas l'absurde du coq à l'âne et de la queue de poisson. Il ose même développer certains points de rupture ou de montage avec des ruminations qui révèlent encore plus son réalisateur que son auteur, comme la quête d'une messe dans une quelconque église qui devient un fil rouge du début à la fin pour caractériser l'obsession paranoïaque de cet Harpagon, qui n'est même plus aujourd'hui un simple nom propre. Mais au-dela du deus-ex-machina qui fait surgir un père d'un chapeau de magicien, une mère, une fille et un fils, un frère et une saeur d'une malle de prestidigitateur, il n'en reste pas moins que cette pièce a deux immenses et éternelles dimensions. D'une part la charge contre l'avarice, mais bien comprise comme la perversion de la possession fétichiste de l'argent qui pousse l'avaricieux à chercher des profits faciles dans l'usure qui exploite la misère et les urgences des autres, y compris les propres membres de sa famille, ses propres enfants. La charge est impitoyable même si certaines singeries de Louis de Funès, pour lequel le film a été de toute évidence fait par lui-même, narcissisme ombilical s'il en est, font que ce vice apparaît plutôt comme une distraction mondaine et une plaisanterie de mauvais goût et sans importance. D'autre part la question du mariage libre des enfants. Là, la bataille ne sera gagnée, officiellement, qu'avec la Révolution Française de 1789, et dans les faits elle n'est pas encore complètement gagnée, loin s'en faut, même en France. Molière prend un malin plaisir à créer un imbroglio invraisemblable, et d'autant plus efficace parce qu'invraisemblable, qui lui permet de mettre face à face les arguments des parents tyranniques contre ceux des enfants revendiquant leur droit de choisir librement leurs époux et épouses. L'argumentaire est impitoyable, tant pour que contre, tant d'un côté que de l'autre, car de telles conquêtes humaines, sociales et culturelles, nécessitent un consensus qui n'a donc pas de raisons d'être justifié car cela devient naturel comme de boire quand on a soif, de manger quand on a faim, de respirer quand on manque d'air et de rentrer chez soi quand on veut un peu de solitude, du moins si on a un chez soi, même si c'est une clairière dans quelque forêt, ou une tente sur un trottoir. Mais même ces versions réduites du chez soi sont parfois remises en cause. C'est là que nous avons besoin de Molière. Il savait tourner en dérision les égoïsmes humains sans pour autant ne pas voir les travers des générosités humanistes. Louis de Funès ajoute beaucoup de plaisir visuel et immédiat à une comédie qui en plus est source pour nous d'un plaisir intellectuel et même spirituel immense. Redemandez-en un peu plus, du moins si cela est possible.

Dr Jacques COULARDEAU, Université Paris Dauphine, Université Paris I Panthéon Sorbonne

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L'Avare

 

Un Molière revisité, avec un nouveau souffle, si facile a regarder et si drole. Une belle adaptation, loin de la salle Richelieu et pourtant si proche de l'esprit Moliere. A conseiller pour une introduction au theatre de Molière, meme les plus réticents riront.

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