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Alela Diane
Sortie : 24/10/2006
CD audio
Singer/Songwriter, Indie Rock, Alternative Folk
1. Third Feet
2. Rifle
3. Pirate's Gospel
4. Foreign Tongue
5. Can You Blame the Sky?
6. Something Gone Awry
7. Pieces of String
8. Clickity Clack
9. Sister Self
10. Pigeon Song
11. Oh! My Mama




Deux accords de guitare, une voix limpide au décroché naturel, quelques notes de banjo et des choeurs empruntés au plus primitif des blues... Avec "Pirate's Gospel", Alela Diane nous offre une folk dépouillée et austère, évoquant en toute simplicité une époque lointaine et révolue, celle des chercheurs d'or, des pionniers et des hobos.
Etrangement, c'est au cours d'un voyage en solitaire à travers notre Europe ancestrale qu'Alela Diane imagine et compose ces petits moments musicaux totalement empreints de l'imaginaire américain des siècles derniers. L'album est ensuite enregistré modestement dans le studio amateur de son père (également musicien), gravé à 600 expemplaires et distribué à la famille et aux amis. Il faudra attendre 2 ans pour que le bouche à oreille parvienne jusqu'en France. L'album est réédité par l'excellent petit label Fargo, et permet à cette jeune californienne d'enthousiasmer l'hexagone avec modestie. En ces temps de hype bling bling où le look prévaut sur le talent et la sincérité, la musique d'Alela Diane s'apparente à une douce parenthèse pour le coup réellement roots. Embarquez sereinement pour cet envoûtant voyage vers l'Ouest, en pleine terre indienne.
Parler d'Alela Diane, c'est souvent ne pouvoir s'empêcher de se référer à un certain esprit de musique folk, ou à d'autres story-telleuses de l'âme comme Jonie Mitchell, Karen Dalton ou plus récemment Cat Power.
Pourtant c'est sa voix nue et profonde qui vous captera en premier sans plus vous lâcher. Une guitare, des textes qui ne craignent pas parfois la simplicité de l'évidence, et vous voilà touchés jusqu'au profond du coeur.
Car Alela Diane est une vieille âme, et sa voix, ses histoires, semblent d'une évidence ancestrale.
L'album s'ouvre sur Tired feet, ballade ou balade au bord d'une rivière qui est aussi celle des souvenirs.
Suit The rifle dont le clip étonnant, entre fausses archives et document interdit (salut aux aficionados de Jean-Teddy Filippe !), vous envoûtera autant que la mélodie.
The Pirate's gospel donne son titre à cet album étrange et très cohérent à la fois.
Le voyage se poursuit avec Foreign tongue et le poignant Can you blame the sky.
Puis le joli petit Something gone awry faussement enfantin.
Ensuite, Pieces of string, l'étonnant Clickity clack, Sister self, Pigeon song.
Et enfin le sublime et tendre Oh ! my mama, où la figure de la mère est progressivement magnifiée.
Cohérence de l'album oui, dans le monde subtil et presque anachronique qu'il ouvre, avec cette modernité toujours renouvelée d'une émotion inédite. Alela y parle de Nature et de racines familiales, et touche ainsi à l'universel.
Cette jeune femme (née en 1983) nous parle de ses origines et son père, ses cousins chantent avec elle sur l'album, ce qui ajoute à l'atmosphère de proximité et contribue à toucher davantage même si le niveau a clairement dépassé l'amateurisme.
En bref, un album que je conseille à ceux qui sont prêts à s'émouvoir de l'évidente et profonde beauté d'une voix envoûtante juste (et justement) accompagnée à la guitare.
Vous ne regretterez pas ce voyage !