
Editions Gallimard - Editions Gallimard
Sortie : 31/01/2008
Broché
Auteur : Jean-Christophe Rufin
Aide humanitaire, Géopolitique, Sciences politiques




Le parcours de jean christophe rufin tout simplement, enfin tout simplement c'est vite dit: médecine, sciences po, écrivain, ambassadeur (ça c'est pour les boulots) afrique, asie, amérique,(ne citons pas les pays, les continents c'est plus rapide). Ce livre est un voyage à travers la vie d'un homme sympathique, intélligent et certainnement "insomniaque".
Au fait mr rufin pour votre vie de famille, il vous reste du temps?? A lire pour tous ceux qui aiment les parcours hors du commun
"La médecine est le véritable sujet de ce livre."
Dans cette chronique autobiographique, l'auteur ne perd jamais des yeux et du coeur, son grand-père qui fut médecin et humaniste.
Et nous voilà caracolant derrière le jeune étudiant, l'interne des hôpitaux, le psychiatre, le militant humanitaire, le diplomate et enfin,l'écrivain. L'écriture est vive, le propos parfois peu amène. Le champ recouvert est vaste, hyper-intéressant. L'essentiel n'est-il pas de faire découvrir au lecteur, brave béotien, les rouages de sociétés et d'organisations dont il ne perçoit que l'écume?
* L'auteur parle ici de son grand-père.
Le nom de Jean-Christophe Rufin, pour ceux (comme moi) qui ne l'ont jamais lu, est associé à trois choses : la médecine humanitaire, le Prix Goncourt, et la représentation de la France en tant qu'ambassadeur (actuellement au Sénégal). Mais ses activités sont bien plus étendues ! C'est ici le terme de "chroniques" qui m'a attirée, et en ce sens je ne suis pas déçue.
Passée une brève narration de son enfance, l'auteur entame la partie médecine par cette phrase : "Les études de médecine sont longues mais faciles." et un peu plus loin "Seul comptait le travail. J'ai travaillé." Et tout au long de son autobiographie (partielle et partiale), il semble ne pas pouvoir se défaire d'une espèce de complexe du laborieux, moui vous savez j'ai fait tout ça mais je n'ai pas de mérite, j'ai juste bossé je ne suis pas brillant. Et puis s'y mêle en même temps une certaine forme de vantardise consensuelle, je ne veux me faire aucun ennemi et mine de rien, la vache, je ne suis pas loin d'être très bon, moi, finalement.
J'exagère mais en ce qui me concerne, l'irritation se situe bien là, dans mon incapacité à me faire au final une idée du bonhomme, bon ou brillant, gentil ou mégalo assumé je ne sais pas, ça ne transparaît pas dans son écriture (laquelle est appliquée, quelques mignons imparfaits du subjonctif, une recherche du mot exact à sa juste place, mais ne m'a pas éblouie non plus par une quelconque maestria). Parfois, j'y ai cru, au détour d'un "J'aperçus pour la première fois cette vérité, dont l'évidence ne me frappera que plus tard, à savoir que j'étais un imbécile." Parfois, mon intérêt faiblissait.
Mais le contenu est réellement intéressant, multiple, nous entraîne dans plusieurs univers très différents (enfance, médecine, neurologie, humanitaire, politique, monde de l'édition...), tour à tour grave ou didactique, plus léger voire moqueur.
Un exemple d'anecdote ? Ce mandarin qui aimait à jouer ce tour à ses étudiants, en leur déclarant, après les avoir tous fait goûter l'urine d'un patient : "Mes chers confrères, reprenait-il avec un sourire méchant, je vous ai souvent répété que le premier de nos sens est la vue. Il doit exercer son empire sur tous les autres : l'essentiel est l'observation. Or, si vous m'aviez bien observé vous auriez remarqué ceci : j'ai plongé dans ce verre mon index, mais c'est mon médius que j'ai sucé..."
Et puis encore ces mots très justes sur la neurologie, ces explications sur les véritables enquêtes que la médecine mène parfois pour cerner la maladie (House n'est pas si exagéré, finalement !), ces descriptions incroyables des services d'accouchement en Tunisie, etc., oui, il y a vraiment des choses passionnantes dans ces chroniques.